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Les caps bourrut des Pyrénées

Les caps bourrut des Pyrénées

Actualités d'hier et d'aujourd'hui sur les Pyrénées Centrales, au travers de l'histoire d'une famille, celle d'un "pays", celui des Pyrénées. Le passé est omniprésent avec celui d'un petit peuple : la Barousse...


Les massifs forestiers de Barousse

Publié par Jackie Mansas sur 11 Janvier 2016, 12:37pm

Catégories : #Les massifs forestiers de Barousse

Les massifs forestiers de Barousse
Les massifs forestiers de Barousse
Les massifs forestiers de Barousse
Les massifs forestiers de Barousse
Les massifs forestiers de Barousse
Les massifs forestiers de Barousse
Les massifs forestiers de Barousse
Les massifs forestiers de Barousse
Les massifs forestiers de Barousse
Les massifs forestiers de Barousse

Le massif forestier de Barousse du 17ème au 19ème siècle

Chapitre 1

Jusqu'à la fin du 19ème siècle, les Baroussais ont vécu dans une vallée totalement refermée sur elle-même, entourée de montagnes dont l'altitude diminue au fur et à mesure que l'on va vers l'aval des rivières. La Barousse est une vallée de moyenne montagne, d'une superficie de 17626 hectares dont en 1970 (statistiques de l'ONF) 2000 hectares de pâturages et 5620 hectares de forêts. Ces chiffres ne correspondent pas à la réalité 2016 car les pâtures gagnées tout au long des siècles passés à la force des bras ont été abandonnés devant l'ampleur de la mécanisation à outrance et ainsi la forêt s'est étendue très rapidement.

La vallée est orientée sud-nord, perpendiculairement à la chaîne des Pyrénées, et est entourée à l'est et au nord par la plaine de la Garonne, à l'ouest par la vallée de la Neste, au sud par la vallée d'Oueil et s'ouvre au nord-ouest sur la plaine de Saint-Bertrand de Comminges.

Comme massif de front montagnard, elle reçoit les précipitations qui butent contre les premiers contreforts et ainsi une multitude de micro-climats favorise par endroits une végétation particulière comme les chênes-verts à Bagiry et à Bertren. En outre, cette atmosphère permet une forte croissance de la forêt et son extension.

Etant donné que le paysage et le climat influencent la vie des hommes lorsqu'ils en sont tributaires, une description du pays devient nécessaire pour l'étude de l'évolution des communautés.

La Barousse est une vallée d'origine glaciaire dont les deux glaciers, celui du Mont-Né et de l'Areng qui a creusé le val de Ferrère et celui de l'Antenac qui a creusé le val de Sost, se sont rejoints à Mauléon et unis au glacier de la Garonne qui était remonté par la coume du Gouhouroun au-dessus du ruisseau torrentueux vers Cazarilh, Thèbe et Troubat, sont descendus vers la plaine en recouvrant les bassins de Mauléon, d'Antichan et d'Izaourt. Les rivières, bien entendu, ont utilisé ces passages : l'Ourse de Ferrère et l'Ourse de Sost.

La première naît de la jonction de plusieurs torrents temporaires ou permanents dévalant le bois de Curvielle, la montagne de Hourquette, le Mont-Né, les quartiers de Pouyaous et de Saint-Maurin et des ruisseaux de Salabé et de Serviassia sur la rive gauche qui descendent de l'Aouet et du Montaspet (carte n°2).

La seconde naît également de la jonction de ruisseaux et torrents prenant leurs sources dans les bois de Pradaous, de Pouy Guillée, des pentes du Sommet de Conques, du bois de Toucoulude et de Carbonères (carte n°3).

Elles se rejoignent à Mauléon au pied du pic de Jourda (1038 mètres) au milieu du village et la rivière ainsi formée continue sa course entre deux monts boisés côté soulane, rocheux côté ombrée, traverse le bassin très large d'Antichan puis, à nouveau, longe un resserrement de deux kilomètres entre Aveux, Anla et Sarp et va se jeter dans la Garonne à Izaourt à la limite de Loures.

Le Gouhouroun quant à lui, naît dans le Hourmigué et dévale les pentes vers Thèbe alimenté par de nombreuses sources ; il s'est glissé entre le Mayrou et le Gert en un étroit passage qui fut emprunté bien au-dessus de sa rive gauche par un chemin, hélas coupé en un seul endroit par les conduites de minerai de l'ancienne carrière d'ophite (il serait facile de le remettre en état pour recréer un réseau d'antiques voies de communication si la volonté y était) - depuis la préhistoire. La route actuelle ne date que du 19ème siècle.

Le Gouhouroun qui est ensablé tout au long de son parcours, le lit disparaissant par endroits sous les pierres, les souches d'arbres et les ronces, ne coule plus que par intermittence car l'entretien de son cours a été abandonné à la fin du 20ème siècle. Il est l'exemple même de ce qu'il n'aurait jamais fallu faire :

- dans le Hourmigué, les pistes sauvages lors des coupes ont détruit les chemins antiques empierrés, les sources ont disparu sous des tonnes de gravats et d'arbres et ainsi sont ressorties en d'autres lieux. La partie haute du ruisseau est également sale et l'eau essaie de se frayer un passage entre des berges écroulées. Les eaux des torrents et des sources sont dispersées et n'alimentent plus correctement le Gouhouroun qui, rappelons-le, a transporté de tous temps des radeaux de bois et de marbre descendus de la Haute Vallée jusqu'au port de Bagiry... ! Tout un pan de l'histoire de nos ancêtres a péri par la négligence ... Dommage.

- Certains se rappelleront que dans le Gouhouroun, on pêchait des écrevisses... de toute beauté ! Elles ont disparues également.

Et pourtant, il suffirait de si peu pour retrouver un ruisseau chantant, un réseau de chemins chargés d'histoire, des torrents et des sources limpides, propres et entretenues... Mais bon !

Quoiqu'il en soit, l'ensemble du réseau hydrographique est nettement bien adapté au relief ; les bassins se succèdent en s'élargissant au fur et à mesure que l'on va vers l'aval.

Cette vallée est donc constituée par cinq ensembles :

- la ligne de crête avec les pâturages

- le massif forestier de la Haute Vallée

- le massif forestier de la Moyenne Vallée

- les trois bassins bien différents les uns des autres

- la plaine de la Garonne

La ligne de crêtes

Elle sépare la Barousse de la vallée d'Oueil et culmine à une altitude de 2147 mètres au Mont-Né, 2121 mètres au Templa et 1965 mètres au Conques.

A l'ouest, les sommets la séparant de Bareilles et et de la Neste varient de 2001 mètres au Pin à 1541 mètres au Tourroc, tandis qu'à l'est, le Cap de Pouy de Hourmigué au Pouy Guillée dominant Lège et Cierp, atteignent seulement 1926 mètres (carte n°1). Les pâtures s'étendent assez bas sur les pentes (coupe 1).

L'ensemble est régulier avec une dénivellation de 300 mètres entre le Mont-Né (2147 mètres) et le pic de Hourdouch (1781 mètres). On trouve une pointe d'altitude extrême dans le bois de Pradaous (1350 mètres) suivant le torrent temporaire qui le traverse. L'implantation humaine est inexistante, aucune culture n'est possible, le relief étant adapté à la pâture estivale à cause du fort enneigement d'octobre à juin.

On peut décomposer le massif forestier de la Haute vallée en trois parties depuis la ligne de crêtes des cortaux jusqu'à Mauléon. Il se trouve partagé en son milieu par une chaîne de pics de moyenne altitude.

A suivre

Jackie Mansas

27/01/2016

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