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Les caps bourrut des Pyrénées

Les caps bourrut des Pyrénées

Actualités d'hier et d'aujourd'hui sur les Pyrénées Centrales, au travers de l'histoire d'une famille, celle d'un "pays", celui des Pyrénées. Le passé est omniprésent avec celui d'un petit peuple : la Barousse...


Comment on se fait escroquer quand on est naïf et un peu bébête...1

Publié par Jackie Mansas sur 14 Novembre 2016, 11:59am

Catégories : #Culture et société pyénéennes

une Fiat Punto SX rouge 1998 comme la mienne

une Fiat Punto SX rouge 1998 comme la mienne

Par le plus grand des hasards, j'ai entendu une conversation où il était question du vol de la voiture d'un couple de retraités dans leur garage ! Ils se trouvaient dans leur sous-sol et avaient laissé ouvert le portail de leur jardin donnant sur la rue. Comme ils faisaient des allers et retours entre la cave et le garage, ils étaient en confiance ! Et pourtant, la voiture disparut...

Les gendarmes enquêtèrent mais la bande de voleurs était très bien organisée et tout se termina en eau de boudin. Mais au moins, ils furent indemnisés par leur assurance et purent en acheter une autre.

Par rapport à ce qui m'est arrivé, j'ai pensé - sans rien dire - qu'ils avaient eu beaucoup de chance, ce que j'aurais bien voulu avoir il y a trois ans !

Si de faire connaître l'escroquerie dont j'ai été victime peut rendre service à des personnes fragiles et/ou isolées, je veux bien révéler à quel point je peux avoir été crédule !

La "lanterne" au volant !

Nous sommes le mercredi 14 août et il fait chaud. Je dois aller jusqu'à Tournay soigner le chat de mon frère et de ma belle-sœur en vacances en Italie. Par la route, il me faut trois-quart d'heure pour y arriver car je suis une véritable lanterne au volant, c'est-à-dire que je respecte scrupuleusement les limitations de vitesse. Je me suis fait insulter à peu près un bon millier de fois - oh ! oui ! - depuis que j'ai obtenu le permis en 1979 parce que les automobilistes qui ne pouvaient pas me dépasser, râlaient tout ce qu'ils savaient !

Outre le respect du code de la route et comme je suis d'une curiosité sans limites, à savoir que lorsque je savais qu'il y avait quelque chose à voir - le long des routes départementales - au moins 50 mètres avant d'y arriver, je rétrogradais en freinant légèrement plusieurs fois pour que l'on sache ce que j'allais faire tout en me rabattant sur le bas-côté à plus faible allure. Malgré cela, je vous laisse deviner l'énervement général qui s'ensuivait, pour rien en plus, on me dépassait et puis voilà : à priori, cela n'aurait jamais dû ennuyer personne !

A tel point qu'un jour, quelqu'un m'a dit que je méritais un PV pour excès de lenteur ! Vous vous rendez compte, 50 km/h quand c'est 50 km/h autorisé, c'est de la lenteur....

Mais bon, une bonne femme au volant avec une tête d'intello écolo à lunettes et un air ahuri (cliché), ça fait désordre !

Sur la route... peut-être dans la vie aussi (re cliché)...

Oui mais, grâce à ma prudence excessive, je n'ai eu qu'un seul PV pour excès de vitesse (3 km/h de dépassement) parce que sur ce tronçon de route à 70 km/h, alors que je roulais à 60 comme d'habitude (il n'y avait personne et je regardais le paysage, si une voiture était arrivée, j'aurais accéléré tout aussitôt), j'ai voulu rattraper un dossier qui était tombé et sans le vouloir, j'ai appuyé sur la pédale de l'accélérateur. Résultat : 77 km/h que les jumelles du gendarme ont flashé aussitôt ! Bon au moins, j'ai su ce que c'était que de recevoir le petit papier dans la boîte aux lettres, plus un point enlevé...mais j'ai quand même pesté fortement après moi !

Une chose était certaine, je n'avais rien à faire de la mauvaise humeur des automobilistes car si le panneau de limitation indique 50, on ne roule pas à 100 ! C'est tout.

Un exemple : à Bertren, jusqu'à l'apparition (que personnellement j'ai bénie : mille mercis à vie !) géniale des dos d'âne, la moyenne de la vitesse était, dans la traversée du village, de 127 km/h (1).

N'est-ce pas...

Depuis 1960 : trois piétons tués, une enfant blessée... Les chiens et les chats, n'en parlons pas, des hérissons, des crapauds par centaines, des blaireaux, des renards, des sangliers, des biches et des chevreuils... Plusieurs collisions violentes avec des portails, des murs d'enceinte, des poteaux, des bornes d'incendie arrachées... et j'en passe ! Ce n'est pas mal quand même ! Pour traverser, dans le centre historique du village, on avait le temps de faire au minimum quatre signes de croix en cas que l'on prenne le chemin du Paradis vu que l'on n'avait pas beaucoup de temps avant qu'une voiture ne surgisse tant au nord qu'au sud (légères courbes quartiers de la Bielle au nord et de Suberbielle au sud :100 à 150 mètres entre elles) !

Au bas de ma rue, la Carrère, en voiture, pour réussir à tourner surtout et encore plus quand il y avait des voitures (et/ou fourgons-camions : les pires) en stationnement à gauche et à droite, c'était une expédition aussi éprouvante que d'aller chercher le Graal au fond des Abysses ! Comme on ne voyait rien, on devait anticiper bien à l'avance à quel moment la voie serait libre à moins d'être né devin ou d'avoir un périscope de 5 mètres de hauteur tournant sur le toit de la voiture ! Il fallait prendre le coup pour accélérer car c'était l'aventure, on pouvait voir notre auto coupée en deux et nous aussi par la même occasion. Cela a failli m'arriver .... cinq fois : j'ai toujours réussi à faire une marche arrière in extremis car il y a un Bon Dieu, c'est sûr, pour protéger... Sinon, on ne ne comprend pas la chance que l'on a eu de survivre !

C'est vrai : on avait environ 15 secondes pour réussir l'exploit de traverser sans dommages... moins de 8 si c'était un camion qui surgissait !

Après ce petit aparté, revenons à ce mercredi 14 août 2013.

Les idées reçues de notre société.

Je vais vous rapporter fidèlement l'accident car il est important de savoir comment tout a commencé.

Il est 11 heures et demi quand je pars de Bertren avec ma petite chienne Shinook couchée sur la plage arrière, comme cela elle peut regarder défiler le paysage. Je m'arrête dans un magasin de bricolage pour acheter un sac de ciment et le jeune vendeur qui partait (midi) me voyant peiner pour le sortir du caddie et le poser dans le coffre, vient m'aider gentiment. Ce geste spontané me ravit et stimule ma bonne humeur.

Le soleil est chaud et la journée agréable. Je rejoins l'ex nationale et comme derrière moi, il y a une longue file de voitures et de campings-cars, je suis la Clio blanche qui me précède à la même vitesse, 90 km/h. Tout va bien, Pénélope (c'est le nom de ma Punto, j'aime beaucoup), ronronne comme toujours malgré son âge avancé, 15 ans, ses 235000 km et quelques petites usures normales car le temps a passé. Il faut dire qu'elle est passée au contrôle et après quelques réparations en est sortie vainqueur en juin dernier (2).

A un moment donné, je vois que le feu arrière gauche de la Clio clignote, le conducteur va tourner au carrefour. Il ralentit et stoppe pour laisser passer la file d'en face. J'en profite pour l'imiter car je voulais regarder les travaux de démolition d'un bâtiment alors que je pouvais continuer à rouler en ralentissant tout de même un peu pour le dépasser par la droite. Elle file devant moi et bientôt une cinquantaine de mètres nous sépare.

Vu ma prudence habituelle, il n'y a aucun danger pour personne, je freinotte (2), 5 ème, 4 ème, 3 ème, donc je suis à 40 km/h. Je ne sais pas pourquoi je pense que je roule encore trop vite et je veux encore une fois freiner légèrement, j'essaie d'appuyer sur le frein, il résiste, une lumière forte sort du capot et cache le pare-brise. Je ne vois plus rien, j'essaie de tourner le volant à droite. Rien, tout est bloqué et alors que le brouillard lumineux se dissipe, je suis sur la Clio et paf ! Sous le choc, Shinook décolle et vole vers le pare-brise, je la rattrape instinctivement pour qu'elle ne se blesse pas et je reste là, effondrée, la tête douloureuse et brouillée et tremblant comme une feuille au vent !

Le conducteur, un jeune homme d'une trentaine d'années, sort en hurlant que je l'ai fait exprès, que j'ai démoli sa voiture sciemment pour l'empêcher de se rendre à son boulot, que je voulais le mettre au chômage, que l'on devrait enlever le permis à des femmes aussi c...(courges) et tout à l'avenant.

Bien sûr, j'ai abîmé à dessein ma voiture sur son pare-choc et son feu arrière droit ! Ben voyons, je n'ai pas trouvé d'autres moyens pour l'ennuyer (vu que je ne le connais pas, c'est ahurissant) et pour me débarrasser de ma voiture....aux dépens de l'assurance ! Sans doute...

Bon, passons, il a eu peur lui aussi, d'accord. Il faut quand même reconnaître qu'en général, les Pyrénéens hurlent toutes les insultes qu'ils connaissent puis réfléchissent un long, très long moment après... C'est pénible ! Mais pénible ....

Je suis sonnée mais j'apprécie la gentillesse des personnes qui s'occupent de moi.

Une dame ouvre la portière et me parle gentiment pour me faire réagir. Il y a une flaque sous la voiture qui s'étend et un peu de fumée qui sort du capot. Elle va regarder puis revient et me dit que c'est le radiateur qui fuit et que surtout, je ne dois pas bouger tellement je suis sonnée. Elle ouvre le coffre et prend les triangles de signalisation.

Je réussis à sortir tout de même pour téléphoner à ma sœur tandis que le jeune homme à côté de moi appelle... son frère ! Mais je tangue et la dame me commande de me rasseoir immédiatement. Croyant me réconforter, elle me dit "mais ne vous en faites pas, si elle n'est pas réparable, vous en achèterez une autre !". Mon Dieu ! avec quel argent ? Les larmes me montent aux yeux. Devant moi, un énorme 4X4 s'arrête et un homme en descend, me dit qu'il est pompier, qu'il part en vacances avec sa famille et qu'il a averti ses collègues car il faut absolument dégager la route. On ne peut plus faire démarrer ma voiture. J'ai essayé et la dame susdite m'a grondée ! Il prend mon pouls, regarde mes yeux et part sécuriser la route. Il dialogue avec la dame :

- Ne vous inquiétez pas, Madame, on la prend en mains, vous pouvez partir rassurée, mes collègues vont arriver.

- Vous êtes sûr ? Je peux partir tranquille ? Elle n'est pas bien, il faut qu'elle aille à l'hôpital !

Là, je tique et je crie : "Non ! Jamais ! Pas d'hôpital ! J'ai appelé ma sœur et on rentre à la maison dès qu'elle est là !"

Le pompier revient vers moi :

- Vous ne pouvez pas rentrer chez vous, Madame, vous êtes sonnée et blanche comme du lait. Vous tremblez et vous avez mal à la tête, on ne peut pas vous laisser ainsi.

Tu parles ! Je vais me débrouiller toute seule ! Pas question d'aller aux Urgences et de laisser ma petite chienne.

J'entends la sirène, ses collègues sont là et un tout jeune homme s'occupe de moi gentiment et m'oblige à parler, parler. Deux plus âgés veulent me faire monter dans l'ambulance. Et Shinook ? On en fait quoi ? On me répond que l'on ne prend pas les chiens dans l'ambulance et qu'elle se débrouillera sur la route, sous entendu que si elle se fait écraser, ils s'en foutent. Je la serre contre moi et je refuse énergiquement de descendre, on attend ma sœur et puis voilà. Le dépanneur qui vient d'arriver veut dégager la route. Il s'énerve mais je ne cède pas. Je descendrai de la voiture quand ma sœur sera là et puis c'est tout.

Longue discussion....

Je suis vraiment mal mais je ne capitulerai pas tant que ma petite chienne ne sera pas en sécurité. Je vois arriver deux jeunes femmes gendarmes.

Longue discussion avec l'une d'entre elles, je comprends très vite qu'elle sait comment me faire céder...

Elle finit par me proposer gentiment :

- Madame, je prends votre petit chien et je le garde jusqu'à ce que votre sœur arrive. Ne vous inquiétez pas, donnez-moi la laisse et laissez moi la lui mettre. Je vous promets que l'on ne va pas l'abandonner sur la route. On attend votre sœur, promis. Quel est son nom ?

Elle n'essaie pas de me l'arracher, au contraire, alors je la lui tends. Elle la saisit rapidement en cas que je change d'avis.

Les larmes coulent sur mes joues, elle me caresse la main et je lui réponds "Shinook". Elle me fait parler, je le vois bien et serre Shinook contre elle, accroche sa laisse tout en voulant connaître la signification de son prénom. Je la renseigne péniblement : je fais un effort, je sais bien que je ne dois pas m'endormir et pourtant comme j'en ai envie !

- C'est le nom d'un vent du type Foehn (avec un c mais je préfère l'écrire avec un s) qui souffle des Montagnes Rocheuses vers le Pacifique en Amérique du Nord et qui vient du dialecte de la tribu indienne des Chinook. C'est un vent comme la Balaguère chez nous dans les Pyrénées ou bien la Tramontane dans le Roussillon.

Je voudrais bien continuer à lui expliquer et lui parler de l'arche de Chinook sur les Rocheuses comme de celle de la Balaguère sur les massifs pyrénéens mais je suis fatiguée, je me sens tomber dans un gouffre et je comprends enfin que je suis obligée de lui faire confiance.

Je l'entends dire au jeune pompier qui fait office de nounou depuis qu'il m'a prise en charge, il est adorable :

- Elle n'est pas bien et elle risque de "partir" si l'on ne prend pas soin de son chien ! Il faut attendre et ne pas la brusquer.

Et lui de répondre :

- C'est pour cela qu'on vous a appelées parce qu'elle ne nous aurait jamais laissé le prendre !

Je suis crispée parce que je ne suis pas habituée à la gentillesse des gens....et que j'ai d'énormes difficultés à faire confiance ! Sur ce point là, j'ai absolument raison !

L'autre jeune femme prend mes papiers, mon permis de conduire et sursaute en me regardant. Je souris car bien évidemment ma photo de 1979 ne correspond pas à mon visage de 2013 ! Je lui dis en essayant de parler normalement :

- Oui, c'est moi, mais trente ans ont passé et j'ai changé, c'est normal, le temps n'épargne personne ...

Mais sans s'en rendre compte, c'est son métier qui veut ça, elle me brusque en me posant une question et je réagis mal contrairement à mon habitude, ce qui m'étonne mais qui paradoxalement, me fait du bien :

- Ne me parlez pas sur ce ton, s'il vous plaît ! Je ne suis pas une criminelle et je ne vous ai rien fait !

La pauvre ! elle se décompose et s'excuse. Le jeune pompier sourit : j'ai enfin réagi ! Mais ensuite, j'ai culpabilisé, je n'aurais pas dû répondre comme cela, elle faisait son métier c'est tout....

Pendant que je me reposais, je les entendais rire, la première jeune gendarme s'amusant avec Shinook et un pompier les prenait en photos avec un portable. Il faut dire que ma petite chienne est un véritable amour, obéissante, gentille et un brin cabotine par moments. Elle a toujours été considérée comme une star et sait très bien comment faire pour avoir le monde autour d'elle. Bien évidemment, vous aurez compris que je l'adore et qu'elle est tout pour moi.

Et visiblement cette jeune femme aimait les animaux !

Des clichés à la pelle...

Dehors, le conducteur-victime (?), son frère, un pompier et des automobilistes arrêtés pour gloser sur cet "accident" provoqué volontairement par une bonne femme d'un certain âge - donc sûrement débile, Alzheimer étant tapi dans les méandres du cerveau, n'est-ce-pas - accompagnée d'un caniche (oui, oui : un caniche ! Vous vous rendez compte ! un caniche !) toiletté "mode", c'est-à-dire avec des pantalons, une tête coupe nounours et une queue en pompon, s'adonnent à un sport assidûment pratiqué par la gent masculine : bavasser sur les femmes au volant, dangers potentiels à qui l'on devrait interdire de conduire...

Parce que mon explication sur ce qui est arrivé est impossible, ça ne s'est jamais vu !

Ah ! les femmes au volant ! Ce jour-là, entre treize heures et quatorze heures, il a été débité le record du monde des clichés stupides en ce domaine !

Ma sœur se faisant attendre (elle avait été obligée de faire un détour car Tarbes était embouteillé), je pense soudain à appeler une personne qui habite à 1 km de ce carrefour et qui se dit mon amie depuis les années lycée ! J'en ai toujours douté mais bon, là, j'ai fait comme si c'était vrai.(4)

Quand elle décroche, j'ai la dérangeante impression qu'elle savait ce que j'allais lui annoncer et elle accepte immédiatement de venir chercher Shinook et de la garder jusqu'à ce que ma sœur arrive.

Cinq minutes après le coup de fil, elle est là et la gendarme la lui confie. Elle la prend dans ses bras, elle n'a pas l'habitude des chiens et a peur de la tenir en laisse. Je suis allongée dans l'ambulance, je la regarde et je suis rassurée, mon ange est sauvé ! Tout à coup, j'entends un remue-ménage, elle demande à me voir en faisant état de sa profession. Elle se tient dans l'ouverture de l'ambulance et me regarde sans dire un mot, son visage est dur, son regard perçant presque méchant, comme un reproche. Puis elle se détourne sans prononcer un seul mot de compassion ! J'en suis effarée mais je me reprends vite car l'air ahuri du jeune pompier-nounou et de la seconde gendarme qui me "garde", m'interpelle et j'essaie d'expliquer le comportement insensible de cette "amie" par la peur qu'elle a eue pour moi. Je sais bien que c'est faux mais je dois absolument effacer cette scène pénible et ils me répondent :

- Non, mais on va dire ça comme ça !

La compassion jusqu'au bout...

L'autre gendarme et "ma" victime (!) me demandent si je reconnais ma responsabilité dans l'accident. Je les regarde, sidérée, bien sûr que j'en suis responsable et je veux bien signer tout de suite le constat, ils n'ont qu'à le remplir et je paraphe, aucun problème... Il n'y avait pas besoin d'attendre tout ce temps !

Mais là où j'ai souri tout de même c'est quand ma "nounou" a dit à la jeune femme qui tenait une poche à la main et qui allait et venait :

- A mon avis, tu peux y aller sans crainte.

Grand moment de gêne pour elle, je me demande pourquoi...

- Madame, je suis obligée de vous faire un contrôle d'alcoolémie, cela m'ennuie de vous demander ça mais est-ce que vous acceptez de souffler dans l'éthylotest ?

- Bien sûr, si j'y arrive, je suis si fatiguée !

Evidemment, j'ai raté le premier coup mais réussi le second et sa réaction m'a presque fait rire :

- Zéro ! c'est zéro !

Et la "nounou" de répondre :

- Je te l'avais dit, cela se voit que cette dame ne boit pas d'alcool ! Tu pouvais le faire avant !

Pas une goutte ! Ou alors tellement rarement que ça en est offensant pour les viticulteurs.

Et on part vers l'hôpital ! On venait de démarrer quand mon portable sonne, c'est ma sœur qui me demande où je suis, elle ne voit pas la voiture, elle n'a pas vu Shinook et sa gardienne qui l'attendent sur le bord de la route et elle ne me voit pas ! "Mais où tu es, je m'inquiète !"

Réponse : "dans l'ambulance".

- Qu'est-ce que tu as, tu as mal où ?

- Je n'ai rien mais les pompiers veulent m'emmener à l'hôpital, on vient de démarrer...

- Mais dans quelle ambulance, je ne vois rien !

- Mais si, celle des pompiers qui s'en va !

- Ah ! ben oui, j'en vois une. C'est bien une ambulance des pompiers ?

- Oui, je suis dedans.

La nounou rigole...

- Et Shinook ? Elle est où ?

- Elle t'attend sur le bord de la route avec... .

- Où ?

- Au carrefour.

- Quel carrefour ?

- Celui que tu viens de dépasser...

- Ah ! bon, je fais demi-tour et je la rejoins puis j'irai à l'hôpital.

Si vous saviez ce que ça m'a fait du bien...

Bien évidemment, aux Urgences, tout s'est bien passé à part que je n'arrivais pas à m'apaiser et que la jeune infirmière m'a sermonnée :

- Bon, maintenant, vous allez vous calmer, votre sœur est dans la salle d'attente et votre chienne est en sécurité alors, vous ne vous faites plus de souci et vous vous laissez soigner...

- Je n'ai pas l'habitude...

- Et bien aujourd'hui, vous commencez à la prendre !

Quand je suis sortie, j'aurais dévoré un banquet à moi toute seule tellement j'avais faim. Avant de récupérer Shinook on est allées au garage et c'est là que l'histoire a commencé...

Jackie Mansas

30 août 2016

1 - un habitant nouvellement installé en 1985 effrayé par la conduite inconséquente des automobilistes a passé deux jours devant sa maison sise en bordure de l'ancienne nationale à vérifier la vitesse à laquelle roulait les automobilistes et le résultat a été sans appel : 127 km/h de moyenne générale

2 - voir vignette sur la carte grise partie 2

3 - verbe freinotter, inventé pour l'occasion écrire "j'ai freiné plusieurs fois légèrement pour avertir la file derrière moi : trop long", freinotte résume le tout !

4 - voir article "L'histoire en question"

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