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Les caps bourrut des Pyrénées

Les caps bourrut des Pyrénées

Actualités d'hier et d'aujourd'hui sur les Pyrénées Centrales, au travers de l'histoire d'une famille, celle d'un "pays", celui des Pyrénées. Le passé est omniprésent avec celui d'un petit peuple : la Barousse...


Mes belles rencontres... 1

Publié par Jackie Mansas sur 10 Novembre 2016, 12:01pm

Catégories : #Culture et société pyénéennes

La nuit du 18 février 1981 avait cette beauté. un loup gris européen ;  loup brun des Pyrénées espagnoles et françaises ; deux photos de bergers allemands : "Rex" de la série policière de France 3 et une meute d'un élevage.
La nuit du 18 février 1981 avait cette beauté. un loup gris européen ;  loup brun des Pyrénées espagnoles et françaises ; deux photos de bergers allemands : "Rex" de la série policière de France 3 et une meute d'un élevage.
La nuit du 18 février 1981 avait cette beauté. un loup gris européen ;  loup brun des Pyrénées espagnoles et françaises ; deux photos de bergers allemands : "Rex" de la série policière de France 3 et une meute d'un élevage.
La nuit du 18 février 1981 avait cette beauté. un loup gris européen ;  loup brun des Pyrénées espagnoles et françaises ; deux photos de bergers allemands : "Rex" de la série policière de France 3 et une meute d'un élevage.
La nuit du 18 février 1981 avait cette beauté. un loup gris européen ;  loup brun des Pyrénées espagnoles et françaises ; deux photos de bergers allemands : "Rex" de la série policière de France 3 et une meute d'un élevage.
La nuit du 18 février 1981 avait cette beauté. un loup gris européen ;  loup brun des Pyrénées espagnoles et françaises ; deux photos de bergers allemands : "Rex" de la série policière de France 3 et une meute d'un élevage.

La nuit du 18 février 1981 avait cette beauté. un loup gris européen ; loup brun des Pyrénées espagnoles et françaises ; deux photos de bergers allemands : "Rex" de la série policière de France 3 et une meute d'un élevage.

Les plus belles rencontres avec les animaux se font toujours lorsque l'on ne s'y attend pas. Elles viennent éclairer un quotidien marqué par le manque d'humanité de certaines personnes, de certaines institutions. Et comme on se requinque ! J'ai eu cette chance de multiples fois et je vais vous les raconter.

Le 18 février 1981, nuit de pleine lune était un mercredi.

Je travaillais à la Maison de Repos et de Convalescence de Sainte-Marie à Siradan. La journée avait été froide mais le soleil brillant. Lorsque j'ai repris mon travail, à 18 heures 30, j'ai compris que la soirée allait être longue et que je n'allais pas sortir à 20 heures 30 comme d'habitude.

Mes collègues de la cuisine, les infirmières et la nouvelle patronne, s'entendaient à merveille, papotaient souvent - elles avaient toutes les mêmes centres d'intérêt - et formaient un groupe très soudé, très solidaire, du genre "un pour tous, tous pour un".

Le personnel était très hiérarchisé, de bas en haut :

- le jardinier

- le service de table/garde de nuit

- le service des chambres/lingerie/buanderie

Ces trois catégories constituaient le rez-de-chaussée de la hiérarchie.

Ensuite nous trouvions à égalité de considération mais dans deux domaines différents :

Le premier étage :

- la plonge/second de cuisine

- la cuisinière adjointe et la secrétaire

- la cuisinière en chef et les deux infirmières

Le deuxième étage :

- la direction et le médecin

Dès que la nouvelle directrice eut pris ses fonctions et que les deux infirmières ne firent plus les gardes de nuit, elles me furent proposées en plus du service de table, ainsi qu'à la jeune femme engagée pour remplacer Suzanne, en alternance. Car Suzanne fut la première virée sans tambour ni trompette après une trentaine années de service loyal, honnête et bien fait.... Je n'ai jamais compris ce qu'il s'était passé car l'omerta tomba. Suzanne ne comprit rien non plus et accepta. Je ne pus rien savoir car le premier étage était tout simplement d'accord avec le second et ne voulait en aucun cas que j'émette un avis très, très acerbe !

Ben voyons....

Il était évident que sa remplaçante - très jeune et très jolie, soeur d'une employée - avait été choisie car elle entrait dans le plan de la directrice pour renouveler le "cheptel" selon ses aspirations !

Il était évident aussi que tout le personnel ancien - que Mademoiselle appréciait - allait suivre illico presto, sauf celles en qui elle aurait assez de confiance pour bien la servir !

Cependant, elle n'aurait jamais dû me réembaucher. Elle ne voulait pas mais le personnel insista, insista et elle céda lorsqu'elle comprit qu'elle pouvait se servir de moi pour flanquer la zizanie, dresser les employées les unes contre les autres et arriver à ses fins : trouver un personnel entièrement voué à sa dévotion et qui lui obéirait au doigt et à l’œil.

Elle a réussi au-delà de toutes ses espérances ! J'ai compris tout de suite la manœuvre mais j'ai mal réagi, très mal et elle en a profité : en fait, elle m'a manipulée comme elle a voulu pour amener le reste du personnel (sauf Augustine, proche de la retraite et Suzanne qu'elle voulait virer tout comme le jardinier envers qui elle eut plus tard une attitude déplorable) à gober toutes les inepties qu'elle leur débitait à bon escient selon des techniques de manipulation bien rodées.

Elle n'avait aucune limite, quand elle avait décidé quelque chose, elle allait jusqu'au bout. Pour preuve que rien ne l'effrayait : lorsque le médecin mourut en 1983, elle fut obligée d'accepter son successeur qu'elle ne put manœuvrer comme elle aurait voulu et engagea contre lui un harcèlement terrifiant. Elle en fut pour ses frais car elle ne s'attaquait pas à des personnes paniquées à l'idée de perdre leur emploi dont leurs familles dépendaient en partie, elle provoquait quelqu'un qui socialement et intellectuellement était au-dessus d'elle. Humainement aussi, bien entendu !

A partir du moment (vers 1980-1981) où elle réussit à me faire révolter contre elle par des agissements, j'irais jusqu'à dire indignes, non pas à mon encontre, non, à celui du personnel qui était je le rappelle, en grande partie d'origine étrangère - sans que celui-ci le sache oui, du grand art - elle avait gagné. Pour garder son gagne-pain, il allait obéir à tous ses ordres, jusqu'à un point tel que personne ne saurait imaginer ! Car manier la carotte et le bâton était un jeu pour elle.

Je connais quelques femmes qui pratiquent (mieux que les hommes les plus tordus car eux se servent en premier lieu de leur position sociale et de la peur qu'ils inspirent) cet art à haut niveau et il est inutile de se battre franchement contre elles et contre eux. Ce n'est pas la peine, on finirait par avoir une dépression et par se suicider. Il faut réfléchir calmement et attendre le bon moment pour les atteindre tout en restant loin d'eux.

Arriver à faire croire même aux gens les plus gentils, les plus normaux, les plus adorables, qu'une personne choisie pour sa différence doit être martyrisée avant de la tuer, c'est vraiment du génie ! Une seule solution pour se protéger : jeter très, très vite les "manipulés" sans remords après les avoir obligés à se dévoiler en leur racontant .... tout simplement des boniments qu'ils s'empressent de rapporter comme de fidèles petits soldats !

Dès qu'ils ne servent plus, ils se retrouvent seuls et petit à petit redeviennent normaux. Mais plus jamais, plus jamais, il ne faudra leur faire confiance ! Ils recommenceront pour éprouver à nouveau la montée d'adrénaline provoquée par le Mal !

Cette jouissance est comme une drogue..... surtout si elle s'accompagne de petits avantages !

Les manipulateurs portent un nom : "pervers narcissique" que l'on ne sait pas soigner et qui ne sont pas encore punissables judiciairement. Cela viendra peut-être !

Donc, elles formaient un groupe très soudé.

Elles s'invitaient lors des événements familiaux et un jour, elles m'ont fait une frayeur, ah ! oui, alors, j'ai drôlement paniqué !

Une infirmière épousait l'homme de sa vie (je ne le savais pas, personne ne m'avait rien dit) (1) et bien évidemment, elle avait invité ses collègues-patronne-amies à assister au mariage et à l'apéritif. Issue d'une famille d'agriculteurs portant beau dans la région, les invités se devaient d'avoir un rang social de même niveau. Mais comme la cérémonie se déroulait dans un village de Barousse, il suffisait d'un contretemps pour ne pas être à l'heure le soir ! Lorsque je suis arrivée à 18 h 30, il n'y avait personne dans toute la maison ! Les cuisinières, une infirmière au moins et la directrice auraient dû être là ! J'étais la dernière à prendre le travail car pour servir à table, il n'y avait pas besoin d'arriver une heure à l'avance !

Mademoiselle était dans sa chambre qu'elle ne quittait plus depuis l'arrivée de sa nièce au pouvoir. Tout était bien rangé dans la cuisine et je me suis affolée, est-ce qu'il était arrivé quelque chose de grave pour que je me retrouve toute seule à 30 minutes du repas ?

Finalement, je trouvais Suzanne, la lingère-femme de chambre, dans une chambre en train de terminer de faire un lit et je lui demandais où se trouvait le personnel. Elle ne savait pas et comme elle devait partir, j'ai eu l'impression qu'elle s'en fichait éperdument.

Elle m'a simplement dit de son ton rogue habituel mais dans le fond, elle était un chocolat fondant : "Elles vont arriver, ne t'en fais pas et puis si les pensionnaires mangent en retard, ce n'est pas grave, elles ne vont pas en mourir ! Pourquoi tu t'en fais comme ça ! S'il était arrivé quelque chose de grave, on le saurait."

J'ai préparé la salle et puis j'ai attendu.

Un groupe de dames rentrant de promenade s'arrêta pour papoter un moment avec moi, comme d'habitude. Une d'entre elles me devinant inquiète, me demanda alors gentiment :

- C'est parce que tu es toute seule que tu rumines comme ça ?

- Ben oui, je me demande ce qui est arrivé !

- Mais tu ne sais pas que l'infirmière se marie aujourd'hui ?

- Qui se marie ? L'infirmière ? Ah bon ça change tout ! Non, je ne savais pas, merci de me l'avoir dit, je suis rassurée maintenant, elles vont arriver, ça va !

Quel soulagement ! Personne n'était mort ou blessé et c'était l'essentiel.

Je n'étais pas censée le savoir, j'étais en bas de l'échelle, donc je n'avais pas à être considérée comme égale des étages supérieurs ! Vous auriez dû voir les yeux des dames : ronds comme des billes ! J'ai dû expliquer à plusieurs reprises que nous n'étions pas équipollentes en matière de considération, il y avait une hiérarchie à respecter, comme au 19ème siècle mais que cela m'était complètement égal. L'humiliation de l'exclusion ne m'atteignait pas du tout. Le jardinier, Augustine et Suzanne se trouvaient dans la même disposition, car une fois dehors, nous retrouvions un monde normal enfin, normal jusqu'à un certain point !

En effet, à Bertren, la population autochtone vivait selon le même mode social d'égalité et de solidarité séculaire, mais les familles arrivées au 20ème siècle avaient imposé un esprit de suffisance et d'infatuation tel que ce brave village se retrouva comme étant la caricature d'une oligarchie coloniale dominée par des ploutocrates de haut vol. L'intelligence et la culture autrefois acceptées et pratiquées, devinrent dangereuses pour l'avenir politique d'un pays : il fallait absolument faire disparaître les acquis de la Révolution et ceux obtenus par la gauche depuis un bon siècle et demi afin d'instaurer une société féodale très prisée dans les dictatures. Chacun à sa place et en silence et un seul mot d'ordre : voter dans le bon sens uniquement pour les bonnes personnes, sinon gare !

Les vraies gens n'obéirent pas mais en moururent à petit feu. Mon père "ouvrit le bal" le 12 janvier 1973...

L'incompréhension des pensionnaires découvrant un monde "féodal" était total !

Elles étaient bien gentilles ces dames mais elles ne comprenaient pas que je n'en avais rien à faire et ce, depuis le début. Je faisais mon travail, j'agaçais mes collègues sans nul doute dans tous les domaines (hormis de celui du travail) car je n'avais pas les mêmes centres d'intérêt et la même façon de voir la vie, de parler, de bouger, ce que je comprenais parfaitement. Je restais le plus possible à l'écart pour ne pas les gêner mais je faisais toujours une gaffe car ceux qui ont vécu cela me comprendront : lorsque l'on vit ou l'on travaille dans un établissement manipulé par des cerveaux obtus, il s'instaure un climat qui favorise l'agressivité.

Si à un moment donné, vous faites ou dites quelque chose qu'il ne fallait pas faire ou dire car ça ne plaît pas, automatiquement vous gaffez ce qui met mal à l'aise tout le monde ! Et bien évidemment, vous culpabilisez. Tout est de votre faute. C'est voulu : les regards, les mimiques, les gestes, les sourires en coin vous y poussent inexorablement ! Pour que tout le monde croit que vous êtes "une tâche" et qu'il faut vous éviter soigneusement en toutes circonstances.... Ce qui a pour résultat que vous leur donnez raison !

Chaque été, les saisonnières pleuraient et juraient de ne plus jamais revenir dans une maison pareille ! J'ai passé mon temps à les consoler et à effectuer leurs tâches en catimini jusqu'à ce qu'elles soient rassurées et travaillent correctement .... et sans rien dire, car protester n'aurait servi à rien d'autre qu'à envenimer les choses !

A savoir, d'un côté des mots méchants et de l'autre.... de la peur et des larmes !

Mais tout de même, à chaque fois, je laissais transparaître ma désapprobation : on peut tout dire, aucun problème, mais au moins, on le fait gentiment sans humilier personne ! Et vu que l'on lit sur mon visage comme dans un livre ouvert, le message passait mais cela ne changeait rien ! Et finalement, on prend l'habitude...

Ce n'est pas comme cela que l'on vit en société ! A mon avis....

Il ne faut pas avoir d'états d'âme : au boulot, ce sont des collègues que l'on a, pas des amis ! Alors, on fait son travail comme il faut et on part à l'heure sans imposer sa présence justement aux groupes d'amis qui se sont formés. Et on fait autre chose d'intéressant enfin quoi....

Donc ce jour de mariage...

Vers 18 h 45, elles étaient là et le repas a pu être servi à l'heure. Je n'ai rien demandé, elles ne m'ont rien dit, tout était bien dans le meilleur des mondes et bizarrement, ce soir-là, j'ai pu partir dans les temps ! Et personne n'en a jamais parlé, jamais... J'ai bien vu quelques petites boîtes de dragées mais bon, personne ne m'en a offert et pourtant, j'adore ces bonbons ! Tant pis. Augustine et Suzanne n'y ont pas eu droit non plus officiellement. C'est comme ça ! A moins que l'infirmière ne leur en ait donné, je ne sais pas.... mais cela aurait été un geste aimable de sa part ! Elles le méritaient.

Lorsque je les voyais traîner tant à midi que le soir, je savais qu'elles allaient se réunir à la cuisine autour d'une bonne collation une fois que je serais partie mais seulement les soirs où je n'étais pas de garde la nuit. Et ma hantise, dans ces cas-là, était l'heure de mon départ car rien ne suivait. Je ne me serais jamais permis de faire une réflexion, ce qu'elles faisaient ensemble ne me regardait pas et puis bon, il valait mieux travailler dans de bonnes conditions !

Donc une seule attitude possible : courber l'échine et se taire pour avoir la paix et décamper le plus vite possible car vous pouvez le comprendre, dans ce genre de travail, ras le bol très rapidement des heures supplémentaires non payées !

Je les aimais bien toutes certes, mais durant les heures payées uniquement !

J'avais pris l'habitude ces jours-là, tout en débarrassant les tables, de laver moi-même les verres, assiettes et couverts dans la machine, mais je ne les essuyais pas, il ne fallait pas pousser tout de même ! Cela ne me déplaisait pas du moment que je pouvais partir le plus vite possible !

Il me fallait environ 20 minutes en vélo pour revenir chez moi sans trop forcer. De jour comme de nuit, bien entendu. Ce soir-là, il faisait froid et j'avais hâte de me retrouver à la maison.

Pour cela, ce n'était pas gagné car vu les papotages en aparté, le temps qui passait sans que rien n'avance, lorsque 20 heures sonna, je réalisais avec effroi que si je ne passais pas à la vitesse supérieure je n'allais pas partir avant 21 heures 30 ! La chef restait, la garde de nuit et la patronne étaient arrivées et les infirmières allaient et venaient en arborant un air plus qu'agacé et réprobateur !

Bon d'accord, elles étaient impatientes de me voir "débarrasser le plancher" pour se retrouver entre amies, j'aurais été ravie de leur faire ce plaisir mais vu qu'elles traînaient, je ne pouvais pas partir plus tôt ! Je soupçonnais que certains maris feraient leur apparition dès que les enfants seraient endormis sous la garde des grands-parents. (2)

Une petite fête entre amis ne se refuse pas après une journée de travail bien remplie.

Aussi, en essayant de ne pas trop me faire remarquer, j'engageais le processus de "nettoyage" express ! Et finalement, tout en laissant une montagne de couverts à essuyer, je pus filer à toute vitesse à 21 heures !

 

En vélo sous la lune une nuit froide d'hiver....

 

J'étais super contente d'avoir réussi mon coup sans déclencher des réflexions et surtout sans attirer trop l'attention ! Je savais qu'elles allaient râler de devoir essuyer les couverts mais bon, elles avaient de la chance que j'avais, quelque part, fait leur boulot, comme cela elles pourraient faire la fête sans être trop fatiguées du travail de la soirée ! Je pédalais vigoureusement dans la nuit éclairée par une lune magnifique qui montait de la montagne de Pujo au-dessus de Galié. Je savourais cette nuit magique, la lune éclairait les montagnes sombres, les prés qui ondulaient sous une brise froide, même très froide et la route grise qui m'emmenait vers "mon chez moi" chaud et douillet !

Entre le village de Bagiry et le croisement de l'ancienne halte de la SNCF (3), on longe la montagne de Gert assez abrupte et très boisée à gauche et un bosquet humide, plutôt marécageux dit "champs de Lépine" à droite. A chaque fois que je traversais ces lieux déserts, j'avais l'impression de me fondre dans le temps, dans le passé et une nuit pareille avec cette lune avançant dans un ciel presque noir profond piqueté de lucioles me semblait être un conte....

Je sors de l'obscurité et là, que vois-je descendant du chemin de Méléde ? Une meute de chiens bergers allemands qui déboule sur la route comme une fusée et s'arrête net en son milieu pour me regarder.

Mais qu'ils sont beaux ! des fourrures soyeuses brunes et grises, des yeux brillants et jaunes sous l'astre de la nuit, une longue langue rouge cachée en partie par la brume de l'haleine et des queues qui remuent.... Je pose le vélo pour aller voir s'ils portent des colliers afin d'avertir les propriétaires tout en leur parlant doucement pour qu'ils ne prennent pas peur.

Ils sont là devant moi, j'en compte 7 dont un tout blanc au milieu du groupe comme si les autres voulaient le protéger. Devant eux, tel un dieu sur l'Olympe de la Nature, se tient un jeunot magnifique chez qui on devine une forte personnalité. Tout en continuant à les complimenter sur leur beauté et leur gentillesse, je tends ma main vers sa truffe afin qu'il sente mon odeur et qu'il comprenne que je suis une amie. Je sens son souffle chaud sur ma peau, il me découvre, il sait désormais tout de moi et ses yeux dorés pétillent. Ça marche : il m'accepte ! Je la tends encore un peu plus pour tâter son cou à la recherche d'un éventuel collier mais il recule ! Aïe ! tout est à recommencer....

Il hurle à la mort, les autres l'imitent et ils repartent dans la montagne en escaladant la pente !

Mince alors ! J'ai tout fait foirer ! Et maintenant où va-t'on les retrouver ?

Je repars déçue mais en même temps émerveillée par cette rencontre magique, mon coeur bat la chamade et une onde de bonheur me fait oublier la réalité. Je m'en vais vers une autre dimension, vers un autre ailleurs, celui du passé, des temps finis où lors des nuits de pleine lune, les loups glissaient au travers des taillis cherchant une proie pour apaiser leur faim...

Je transpose ces beaux toutous du 20ème siècle en une meute de loups... pas cruels du tout ! Seulement méfiants....

Ben voyons Jackie : on est en février 1981 au 20ème siècle, la nuit est froide - il gèle, tes doigts commencent à protester : et les gants, ils sont où ? - il n'y a plus de loups depuis très longtemps et tu commences à avoir faim vu que la journée a été longue....

Je redouble d'ardeur et le vélo semble voler. Il me faut vite rentrer et raconter cette rencontre à ma mère. Ce que je fais à peine avoir franchi le seuil de la porte ! Avec son bon sens habituel elle me demande plutôt étourdie par mon bavardage enthousiaste :

- Tu es sûre que tu n'as pas rêvé ? Comme tu es toujours dans la lune, tu peux avoir imaginé car je ne vois pas ce que feraient des chiens bergers allemands dans la montagne et sur la route nationale la nuit ! Et puis il serait où cet élevage ?

- Puisqu'ils descendaient le sentier de Méléde, ils ne pouvaient venir que de Samuran, voire de Troubat ou bien alors d'Ilheu mais là, je n'y crois pas car ils auraient pris la Débarrade et ne seraient pas sortis à Bagiry !

- Il y aurait un élevage de chiens bergers allemands à Samuran ? Quelqu'un nous l'aurait dit, ce n'est pas courant tout de même !

- Je téléphone à n'importe qui dans le village !

- Mais jamais de la vie ! Tu as vu l'heure ? On ne dérange pas les gens à 10 heures du soir quand même ! Tu le feras demain quand tu reviendras du travail.

- Mais il sera peut-être trop tard pour les retrouver !

- Mais non, ils sont dans la montagne et ils vont y rester et puis, ils vont rentrer chez eux dès qu'ils auront faim.

Elle avait raison. Je me suis endormie enveloppée de bonheur comme si j'entrais dans un pays magique où les chiens et les loups me tiendraient par la main...

A suivre

Jackie Mansas

5 octobre 2016

Mais bien évidemment, il faut que j'explique mon propos :
 

Les systèmes politiques :

OLIGARCHIE : Une oligarchie est une forme de gouvernement où le pouvoir est réservé à un petit groupe de personnes qui forment une classe dominante.

PLOUTOCRATIE :

La ploutocratie consiste en un système de gouvernement où la richesse constitue la base principale du pouvoir politique.

La ploutocratie est un régime politique où les plus riches sont au pouvoir. C'est donc un régime oligarchique qui a pour particularité de sélectionner les décideurs sur le seul critère de leur richesse". Wikipedia.

Exemple : lorsque les lobbies (comme des multinationales) influent sur le texte des lois. Pour garantir leurs intérêts et ceux de leurs actionnaires qui passent avant celui des travailleurs qui sont à l'origine pourtant - par leurs emplois mal rémunérés -.de la richesse des lobbies.

"L'oligarchie est faite des meilleurs (« aristocratie » au sens étymologique), des plus riches (ploutocratie), des scientifiques et techniciens (technocratie), des Anciens (gérontocratie), de ceux qui bénéficient de la force ou de tout autre pouvoir de fait". Wikipedia.

 

ARISTOCRATIE :

"Une aristocratie est un régime politique dans lequel le pouvoir est officiellement détenu par une élite : caste ou classe, représentants élus ou cooptés, élite intellectuelle ou technocratique, voire philosophique... On désigne également par aristocratie les membres de cette élite, que ce soit les nobles, les notables ou les riches, une nomenklatura, des élus, ou tout autre forme d'élite visible ou cachée.

On peut également distinguer l'aristocratie de l'oligarchie, dans laquelle une minorité détient l'essentiel du pouvoir". Wikipedia.

TECHNOCRATIE :

La technocratie désigne un système politique où prédominent les techniciens, les spécialistes et les experts dans la prise de décision. "Technocratie" s'applique aussi bien au gouvernement d'un Etat qu'à la direction d'une entreprise." La Toupie.

GÉRONTOCRATIE :

"La gérontocratie désigne un régime politique dans lequel les pouvoirs sont exercés par les personnes les plus âgées de la société (les gérontes) en raison de leur sagesse". La Toupie.

Le terme gérontocratie est utilisé pour dénoncer la mainmise des vieillards sur le pouvoir au détriment par exemple, du mérite par ascension sociale. Le pouvoir doit être exclusivement réservé à une classe sociale conservatrice - les gérontes refusant de changer de modèle de société ou de caste, ils veulent les conserver telles qu'ils les ont toujours connues.

On peut considérer les seniors à partir de 55-60 ans comme gérontes.

Exemples :

Au niveau des Etats en général :

- les organisations religieuses quelqu'elles soient : chrétiennes (Vatican), islamistes, bouddhiques, hindouistes etc. Voir l'âge des "chefs".

- les Mafias (les parrains sont très âgés en général)

- les partis politiques ou la plupart des élus sont âgés de plus de 60 ans et sont dans l'incapacité de comprendre l'évolution inéluctable du monde. Ils s'accrochent à leur pouvoir à n'importe quel niveau : les députés ont rajeuni mais la majorité à plus de 60 ans. Glissons sur le Sénat où l'on voit des sénateurs de 80 ans et plus ! Ne parlons pas de la "France profonde" où les jeunes élus sont minoritaires ! Il faut que rien ne change.

Si la société évolue, les gérontes perdent toute considération.

Au niveau de l'organisation intérieure d'un Etat :

- le plus flagrant : l'Ordre des Médecins et son "fameux numerus clausus" que les "mandarins" ne veulent pas modifier, ce qui réglerait les problèmes d'installation de médecins dans les déserts médicaux.... au bout de 10 ans.

Le "pouvoir de cette classe sociale" considérée par ses "gérontes" - mais plus du tout par les clients (et non plus "patients") qui les payent en sus des prises en charge de la Sécu - comme étant l'élite des élites ne doit pas être "sali" par l'arrivée d'étudiants issus des milieux populaires. Le Conseil National est formé par des personnes - dont une seule femme - âgés de plus de 65 ans.

- et tous les ordres quels qu'ils soient ! N'oublions pas les associations, l'Académie Française, les Académies régionales et "provinciales" etc...

Ceci en France mais dans tous les pays c'est la même chose. Un clin d’œil au Royaume- Uni : la reine Elizabeth.... Et la future présidente des Etats-Unis porte beau ses 69 ans.... : née le 26 octobre 1947 ! Son challenger ne vaut guère mieux : 14 juin 1946. Mais comme tous les représentants élus sont assez âgés en général, il est à peu près impossible à un président jeune - moins de 50 ans - de réaliser des ouvertures vers un monde plus juste et meilleur..

Tout comme à peu près dans tous les pays de la planète.

Aujourd'hui 23 novembre, je dois reconnaître que j'ai jugé les USA - comme à peu près tout le monde - en fonction de ce que nous espérons nous les Français pour le monde de demain. Quoique Hillary Clinton n'est pas le genre de personne qui aurait pu améliorer le.... monde de demain ! C'est Trump et sa mèche jaune qui ont été élus.... Bon d'accord, les Américains sont maîtres chez eux mais pour une fois, ils auraient pu être en avance sur l'Histoire et élire une femme.

Mais comme les Grands Electeurs sont des hommes dans leur majorité, tout comme les "riches" - Parti Républicain - nous aurions dû réfléchir et comme cela, nous n'aurions pas été déçus ! Pauvre Hillary ! Elle n'a vécu que pour cela.... quelle vie stérile à mon avis ! Ce n'est pas l'argent et le pouvoir qui peuvent donner un sens "humaniste "à une vie sans intérêt ! Espérons que Michelle Obama pourra un jour reprendre le flambeau mais vu comment un peu plus de 50% de la population des USA a voté, ce n'est pas pour dans quatre ans que l'on verra une femme à la Maison-Blanche !

RENVOIS

1 - de toute façon, même si j'avais été invitée, je n'y serais pas allée pour rien au monde, ce n'était pas ma place, j'aurais fait "tâche" et en plus vu l'agoraphobie.....

2 - Après avoir été virée dans des conditions épouvantables en 1982-1983, j'ai appris que le mari d'une employée avait été choqué que je sois la seule à ne jamais être invitée lors des agapes après travail alors que je finissais en même temps que les autres et qu'il avait décidé de ne plus y assister ! Il était bien gentil ce monsieur, je l'appréciais beaucoup car il était aimable, intelligent et respectueux mais bon, ce n'était pas d'actualité et l'égalité de traitement social n'était prisé par personne....et puis quand même il y a une vie après le boulot ! Donc prendre sur les heures de repos ne me plaisait pas du tout ! Et heureusement que ses protestations n'eurent aucun effet, mais c'était immensément gentil de sa part.

3 - démolie dans les années 75-80

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