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Les caps bourrut des Pyrénées

Les caps bourrut des Pyrénées

Actualités d'hier et d'aujourd'hui sur les Pyrénées Centrales, au travers de l'histoire d'une famille, celle d'un "pays", celui des Pyrénées. Le passé est omniprésent avec celui d'un petit peuple : la Barousse...


Barbazan : le château

Publié par Jackie Mansas sur 11 Novembre 2016, 11:59am

Catégories : #Culture et société pyénéennes

vues du château et exemple de colonnettes torses baroques
vues du château et exemple de colonnettes torses baroques
vues du château et exemple de colonnettes torses baroques
vues du château et exemple de colonnettes torses baroques

vues du château et exemple de colonnettes torses baroques

Le château reconstitué en 1960 d'après les souvenirs des Barbazanais.

Je rapporte ici le document tel qu'il a été écrit par l'auteur G. Durand (archives communales de Barbazan) :

Les pièces principales. 

"Le grand salon s'ouvrait sur la chaîne des Pyrénées. C'était une pièce rectangulaire d'environ 15 mètres de long sur 9 mètres de large. Une cheminée monumentale en marbre, de style Louis XVI, occupait tout un mur. Le parquet était très original et son plafond composé de panneaux de lambris entrecroisés de grosses poutres était des plus réussis. Son mobilier datait de l'époque Louis XV et portait des médaillons de bronze et des incrustations d'ivoire. La tour d'angle était contiguë au grand salon et devait sans doute être la partie la plus ancienne du château. En entrant par la façade Est, on aboutissait dans un couloir d'où partait un escalier immense conduisant aux étages supérieurs. Dans un mur très épais, une porte s'ouvrait sur la salle à manger imposante, toute lambrissée et parquetée comme le grand salon. Contre le mur du fond se trouvait une cheminée en marbre rouge rayé de blanc."

La porte d'entrée de la façade Nord menant à la salle d'armes.

"Les sculptures qui ornent cette porte résument une large part de l'histoire locale... les motifs d'ornementation expriment des symboles. Deux dates incluses dans des médaillons, 1115 et 1544, nous apprennent que le château de Barbazan a été commencé en 1115 et achevé en 1544. Tout laisse à croire plutôt que deux constructions, un château féodal et un château de plaisance ont eu leurs assises en ce même lieu. On reconnaissait aux lucarnes à meneaux, le style Renaissance... La construction semblerait plutôt être un ensemble hétéroclite d'aménagements successifs de bâtiments surajoutés. La date 1115 où plutôt les chiffres utilisés pour son écriture, servent de support à un monogramme ; il s'agit de deux lettres grecques, la première et la dernière de cet alphabet (alpha et oméga) qui nous disent symboliquement que la vie a un début et une fin. La même idée est exprimée par deux autres lettres, des caractères sanscrits placés entre deux visages rappelant, à ne pas s'y tromper, le type asiatique (1).

Au centre du linteau, deux personnages : un clerc et un laïc. Le prêtre a l'index posé sur un livre : la Bible. De son bras gauche il soutient un globe... Ce personnage est persuadé être le détenteur de la Vérité ; il est le maître qui enseigne (l'index) ; il veut répandre cette Vérité sur la Terre. Son disciple, le laïc, a trois doigts posés sur la Bible ; il tient de sa main droite un bâton, peut-être une épée... trois doigts posés sur le même livre sacré sont le signe de la soumission... il symbolise le Pèlerin qui, soit avec le bâton parcours les routes et les chemins e transmettra la Vérité révélée, soit avec l'épée remplira la même tâche... En dessous, une signature : Bernard Maria... la signature est précédée de trois points placés verticalement. Nous voyons là, la griffe des Compagnons Bâtisseurs du Moyen-Age.

Très curieuses encore sont les colonnades qui ornent les montants de la porte ; elles sont torsadées de style arabe...(?)

" Après l'invasion arabe au VIII ème siècle, les conquérants restèrent quelques années dans le Midi de la France. Il n'en reste pas moins vrai que les Arabes ont laissé de nombreuses marques de leur originale civilisation dans toute notre région. Ces colonnettes portent à leur sommet trois fleur de lis : emblème royal."(2)".

Ce qui n'est pas étonnant, par le jeu des héritages, le Nébouzan dont dépendait Barbazan, était passé à la Couronne de France.

Les motifs sculptés.

"A la base de chaque colonnette, des motifs différents, tout comme sont différentes les deux fleurs de lis dont nous venons de parler. Rien d'extraordinaire à cela si l'on se rappelle que les artistes du Moyen-Age tenaient à marquer tant soit peu leur personnalité dans les oeuvres qu'ils exécutaient. On fait la même remarque quand on étudie dans le détail les motifs décoratifs des portails principaux des cathédrales de même époque. Il y a un thème d'ensemble qui crée l'unité de l'oeuvre, il n'en est pas de même dans le détail... 

Sur l'embase de la colonnette gauche, il y a trois gros points, sur celle de droite, il y en a trois. Trois est le signe de l'apprenti, de celui qui travaille encore la pierre brute, qui est encore dans les ténèbres, qui spirituellement parlant, est encore loin de posséder tous ses moyens. Le nombre sept est le signe de l'âge mûr, du Maître. L'homme a alors reçu la lumière. Il s'efforce d'affirmer sa personnalité, de l'enrichir par la recherche de la Vérité, recherche perpétuelle tant il est vrai que cette Vérité n'a pas de forme immuable. Il est le conseiller, le vrai bâtisseur. Symboliquement, il travaille déjà la pierre polie.

... Un dernier motif, placé tout en haut au-dessus de la porte représente une figure géométrique triangulaire : l'équerre et le compas : autres emblèmes compagnonniques".

Il y aurait des oubliettes sous le grand salon... des tiges de fer étaient scellées en quinconce dans les parois, la mort était affreuse pour qui était jeté dans le puits".

G. Durand 13 juillet 1960 - Archives Communales de Barbazan.

L'ECU DE BARBAZAN  au 20 janvier 1956

Maquette du blason de Barbazan dessiné par l'artiste héraldique Robert Louis, dessinateur symboliste des services officiels à Vincennes

"De sinople à trois jets d'eau d'argent essant d'une fontaine à vasque antique d'or posée sur une onde d'argent mouvant à la pointe, au chef parti, au 1er gueules à quatre ostelles d'argent adossées au sautoir, au 2ème d'azur à la croix d'or. L'écu timbré de la couronne murale à trois tours d'orc, chacune d'elles chargées d'une fleur de lis".

Symbolique :

Les trois jets d'eau symbolisent les sources thermales de Barbazan. Le chef est à dentre aux pays de Comminges et à sénestre aux armes d'Arnaud-Guilhem de Barbazan. La couronne murale est chargée de trois fleurs de lis afin de rappeler que par ordre de Charles VII, le sire de Barbazan fut enterré dans l'abbaye royale de Saint-Denis."

Cet artiste s'est trompé de seigneur de Barbazan et personne, hélas, ne lui a fait remarquer son erreur car Arnaud-Guilhem de Barbazan était seigneur de Barbazan en BIGORRE et non pas de Barbazan en Nébouzan. Mais bon, l'écu est beau alors, la vérité historique n'appartient qu'aux Barbazanais, à eux de la dire ou de la cacher !

Jackie Mansas

11 novembre 2016

1 - où sont ces médaillons ? Il serait intéressant de les étudier à notre tour.

2 - il s'agit de l'interprétation de l'auteur. Mais il s'agirait plutôt de colonnades torses baroque. L'art baroque naît en Italie au XVI ème siècle et se termine au milieu du XVIIIème siècle. Art répandu dans toute l'Europe. Les fleurs de lys à leur sommet montre bien l'allégeance du seigneur au roi de France. Nous ne retrouvons aucunement l'art arabe dans le Midi de la France vu qu'ils ne sont pas restés en dehors du temps de la guerre qui les a chassés. Cette confusion était commune au 20ème siècle.

http://blasons.free.fr/heraldique/lecture.html

http://blasons.free.fr/heraldique/heraldique.php

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