Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les caps bourrut des Pyrénées

Les caps bourrut des Pyrénées

Actualités d'hier et d'aujourd'hui sur les Pyrénées Centrales, au travers de l'histoire d'une famille, celle d'un "pays", celui des Pyrénées. Le passé est omniprésent avec celui d'un petit peuple : la Barousse...


Barousse : les dévastations du 19ème siècle... 6

Publié par Jackie Mansas sur 31 Décembre 2016, 20:42pm

Catégories : #Culture et société pyénéennes

Première carte : le travail du tonnelier était le même quelque fut la région, cartes suivantes : vendanges dans les Pyrénées Orientales ; costume du chirurgien sous Napoléon 1er.
Première carte : le travail du tonnelier était le même quelque fut la région, cartes suivantes : vendanges dans les Pyrénées Orientales ; costume du chirurgien sous Napoléon 1er.
Première carte : le travail du tonnelier était le même quelque fut la région, cartes suivantes : vendanges dans les Pyrénées Orientales ; costume du chirurgien sous Napoléon 1er.
Première carte : le travail du tonnelier était le même quelque fut la région, cartes suivantes : vendanges dans les Pyrénées Orientales ; costume du chirurgien sous Napoléon 1er.
Première carte : le travail du tonnelier était le même quelque fut la région, cartes suivantes : vendanges dans les Pyrénées Orientales ; costume du chirurgien sous Napoléon 1er.
Première carte : le travail du tonnelier était le même quelque fut la région, cartes suivantes : vendanges dans les Pyrénées Orientales ; costume du chirurgien sous Napoléon 1er.

Première carte : le travail du tonnelier était le même quelque fut la région, cartes suivantes : vendanges dans les Pyrénées Orientales ; costume du chirurgien sous Napoléon 1er.

Ce mois d'octobre 1814, les premières mises en jugement :

 

Quelques jours après leurs mises en jugement, les frères Andrieu allèrent trouver J-B Dulon, chirurgien (il procédait aux saignées à la demande du médecin et assistait les femmes lors des accouchements difficiles .... avec ses instruments tranchants : brr, brr,  brr ...!) à Bertren, pour qu'il ne fasse pas sur eux une mauvaise déposition. Comme il s'étonnait que "des jeunes gens qui avaient joui d'une si bonne réputation se soient laissés aller à frauder", ils répondirent que les dénonciateurs étaient les vrais coupables et "qu'ils allaient mettre à jour les crimes qu'ils avaient commis".

Larriale, accusé de complicité se défendit âprement :

"quant aux prévarications imputées aux gardes Andrieu, j'étais très éloigné d'avoir eu pareille idée pour leur compte. Résidant à 12 lieues de la Barousse et ne pouvant y faire un aller, je passe lors de mes tournées, pour découvrir le travail des gardes. Je dois m'en rapporter à ce sujet au garde général qui par la nature de ses fonctions doit connaître les moindres démarches des gardes forestiers".

Il affirma qu'on ne lui a fait que des éloges sur eux.

Les premières accusations sérieuses, dès le mois de décembre 1814 vinrent de Bertren, Cazarilh, Sacoué et Troubat. Les autres se turent. Cependant en mars, tous les villages, sauf ceux de la Haute-Vallée, témoignèrent. En trois mois les esprits avaient changé. Les habitants de Sost, Esbareich, Ourde et Ferrère s'entendirent reprocher d'avoir attiré des ennuis à toute la vallée. Pourtant, tous dirent que si la justice devait punir les dévastateurs, il fallait juger tous les baroussais car à part quatre ou cinq hommes par village, tous les hommes étaient coupables.

Les témoins furent menacés, on tenta de les acheter. En mars 1815, François Soulé Lafont, 44 ans, laboureur, maire de Thèbe déclarera : "depuis que les gardes ont été destitués, les dévastations sont plus considérables.... qu'il n'avait donné une attestation de bonne conduite que par crainte d'être incendié. Comme il avait aidé les autorités dans la recherche des dégâts - mais juridiquement, il y était obligé sinon, il aurait été démis de ses fonctions - il fut menacé par la femme du cabaretier Etienne de Ferrère qui lui dit qu'il était un mauvais sujet, que plusieurs personnes de Mauléon voulaient le punir et mettre le feu chez lui".

Le 20 mars 1815, le juge d'instruction, le substitut, le procureur, deux gendarmes, deux forestiers et un garde assistés du greffier vinrent constater le dévastations et la confection de la cardine et de douves pour les comportes. Ils suivirent l'antique chemin qui relie Esbareich à Sost et à quelques distances de cette dernière commune, ils remarquèrent qu'à droite et à gauche du chemin de la forêt qui s'étend dans certains endroits jusqu'au sommet de la montagne (massif du Montlas) les arbres avaient été coupés plusieurs années auparavant à une certaine hauteur du tronc, la partie restante étant rabougrie (on coupait les branches au fur et à mesure qu'elles poussaient).

A la Mantalène, à la Coume Lepis, au Plandebat, au Pouy, même spectacle. En vis à vis de la gorge du Cubourras, ils trouvèrent trois chantiers de cardine avec des arbres coupés jusqu'au sommet et précipités ensuite dans le bas-fond. Tout était couvert de neige. Au passage de Laurezol où coule l'Ourse, la neige empêcha le comptage mais des arbres y gisaient depuis l'automne. Impossible d'aller du côté de Ferrère à cause de la neige.

Donc, malgré les destitutions, les amendes, les saisies, l'abattage et le commerce du bois continuent. Ce n'était plus des foules de bûcherons qui se rendaient en forêt mais des petits groupes sous la direction de quelques particuliers. Les gardes quelqu'ils soient ne sévissaient pas. La population se révoltait ouvertement contre les autorités.

En cinq années, 6000 hectares de forêt furent dévastés.

Profitant de la situation, le marquis de Luscan qui était rentré de son exil en Espagne essayait de récupérer ses biens. Le directeur de l'Enregistrement des Domaines et Forêts écrivait au Préfet le 7 juin 1819 :

"Je ne vois qu'une chose de rendre responsable les communes après avoir encore tenté une fois de ramener les maires aux principes de justice que leur propre intérêt commande, mais celà serait en vain que Monsieur de Luscan a fatigué les autorités par des écrits, des dénonciations, des plaintes et des murmures. Tout ce qu'il peut dire est connu. Il n'est pas juste que pour ses intérêts privés où les sacrifices des agents forestiers que l'impuissance d'agir est souvent paralysée devant les tribunaux. Je trouve que celà serait imprudent auprès de Monsieur de Luscan plutôt de persuader que de vaincre et les funestes exemples qui viennent de se passer sous nos yeux semblent justifier mes craintes..." (1).

Le marquis de Luscan se heurtait donc à la volonté de l'Etat de conserver également tous ces biens.

En 1815, l'administration des domaines proposa aux communes de procéder à un cantonnement pour essayer de ramener le calme. Elles refusèrent catégoriquement.

Le 22 avril 1818, le Directeur qui avait précédemment déclaré :

"On trouvera le moyen de réduire les habitants de la vallée de Barousse, on y enverra la force armée" reçut le syndic des communes, J-F Dutrey, revenu d'exil lui aussi et qui avait retrouvé ses anciennes fonctions. Il faut préciser qu'il était un homme intelligent et brillant mais un sacré opportuniste quand la situation l'exigeait ! Cependant, il était l'homme de la situation pour régler le conflit.

Dutrey offrit de bailler 10 000 ou 15 000 francs à Monsieur de Luscan  et autant au Domaine ; en contrepartie, ils abandonneraient les droits qu'ils possédaient sur les biens de la vallée. Cette proposition n'eut aucune suite car durant les années 1815/1819, la disette fut telle que l'on ne put relever le droit de pacage pour couvrir les charges communales.

Le 4 mars 1819, le Préfet refit la même proposition aux maires mais en portant la somme à verser de 126 à 136 000 francs. La vallée atermoya et finalement demanda à payer les prestations féodales comme par le passé.

Mais le marquis de Luscan, par la ruse, mettait de son côté les autorités forestières pour retrouver ses anciennes propriétés. Il parvint à ses fins en 1821. Les habitants firent appel de cette décision et continuèrent à se comporter de la même façon. Devant la colère des Baroussais, devant leur révolte due à la misère, devant cette violence latente qui se manifestait à leur encontre, les gardes prirent peur. Les échauffourées se multipliant, le Préfet fit occuper la vallée par la troupe en 1835.

A suivre.

Jackie Mansas

1 - nous avons restitué le texte tel qu'il est écrit

Dernier article pour 2016....

Pas de panique : les hottes des trois rois mages sont remplies d'histoires pour 2017 !

 

BONNE ET HEUREUSE ANNEE A TOUS !

 

Que du bonheur pour 2017....

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents