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Les caps bourrut des Pyrénées

Les caps bourrut des Pyrénées

Actualités d'hier et d'aujourd'hui sur les Pyrénées Centrales, au travers de l'histoire d'une famille, celle d'un "pays", celui des Pyrénées. Le passé est omniprésent avec celui d'un petit peuple : la Barousse...


La Fête de la Saint-Jean ou plutôt la fête de la Nativité de Jean le Baptiste : la véritable histoire

Publié par Jackie Mansas sur 22 Février 2017, 23:20pm

Catégories : #Culture et société pyénéennes

Saint-Bertrand de Comminges : la Vierge Marie entre ste Geneviève et st Jean Baptiste. St Jean Baptiste et Hérodiade, photos de Michel Bessonne (voir son blog randonnées et découvertes); Icône de St-Jean Baptiste au Vézelay
Saint-Bertrand de Comminges : la Vierge Marie entre ste Geneviève et st Jean Baptiste. St Jean Baptiste et Hérodiade, photos de Michel Bessonne (voir son blog randonnées et découvertes); Icône de St-Jean Baptiste au Vézelay
Saint-Bertrand de Comminges : la Vierge Marie entre ste Geneviève et st Jean Baptiste. St Jean Baptiste et Hérodiade, photos de Michel Bessonne (voir son blog randonnées et découvertes); Icône de St-Jean Baptiste au Vézelay
Saint-Bertrand de Comminges : la Vierge Marie entre ste Geneviève et st Jean Baptiste. St Jean Baptiste et Hérodiade, photos de Michel Bessonne (voir son blog randonnées et découvertes); Icône de St-Jean Baptiste au Vézelay

Saint-Bertrand de Comminges : la Vierge Marie entre ste Geneviève et st Jean Baptiste. St Jean Baptiste et Hérodiade, photos de Michel Bessonne (voir son blog randonnées et découvertes); Icône de St-Jean Baptiste au Vézelay

La fête de la saint Jean le Baptiste

 

 

Il ne faut pas confondre la fête du solstice - 21 juin - et la fête de la nativité de Jean le Baptiste, cousin de Jésus... le 24 juin.

 

Nous avons déjà parlé de la fête du solstice qui était opérationnelle pour s'amuser et faire des bébés dans un cadre bucolique, la nuit, sous les étoiles et sous la protection du curé et de son goupillon...

Elle était pratiquée le même jour et de la même manière par tous les peuples de tous les pays.

Mais dans le calendrier julien, le solstice se trouvait être à la saint Barnabé le 8 juin. Dans le grégorien - le notre - le jour est plus long que la nuit et nous entrons dans l'été le 21 juin. Depuis toujours.

 

 

La fête de la nativité de Jean le baptiste a été fixée au 6ème siècle au 24 juin soit six mois jour pour jour avant celle de la nativité du Christ le 24 décembre à minuit. Pourquoi donc ? Parce que Jean le Baptiste était le cousin de Jésus et qu'il Le présenta au monde comme le Messie attendu par les Juifs avant de le baptiser dans l'eau du Jourdain.

 

 

Il ne faut pas confondre, la fête des lumières qui est celle du solstice - fête païenne du soleil - et la fête de la saint Jean, fête chrétienne avant tout.

 

Et surtout, il ne faut pas confondre Jean le Baptiste avec Jean l'Evangéliste, l'apôtre préféré de Jésus.

 

 

L'Eglise a amalgamé toutes les fêtes chrétiennes à savoir Pâques, Ascension, Fête-Dieu, Assomption, Noël, Epiphanie, Chandeleur, Carnaval et Carême, avec les fêtes païennes afin de les faire disparaître sans heurter les populations.

 

 

 

Alors, osons un parallèle entre trois

 

des dates essentielles du culte chrétien

 

et celles de l'empire romain.

 

 

 

- Chandeleur le 2 février.

 

 

Christianisme : fête de la Purification de la Vierge et de la Présentation de Jésus au Temple. Chandeleur = chandelles : on bénissait à cette date les chandelles dans les églises.

Paganisme : fête de la lumière. Les jours allongent vraiment et les lumières de la Chandeleur (chandelles) marquent ce retour du jour.

 

 

 

- Saint-Valentin le 14 février :

 

 

- dans le paganisme, c'est la célébration des Lupercales, fêtes de purification qui avaient lieu à Rome du 13 au 15 février c'est-à-dire à la fin de l'année romaine qui se terminait le dernier jour du mois de février. Les prêtres appelés Luperques, se réunissaient près d'une grotte nommée le lupercal au pied du mont Palatin à Rome en l'honneur du dieu Faunus, dieu des troupeaux. Il les défendait contre les attaques des loups.

 

 

Deux jeunes hommes, vêtus d'un pagne en peau de bouc, assistaient à la cérémonie. Un bouc était sacrifié puis le prêtre sacrificateur leur touchait le front de son couteau. Le sang ainsi répandu était essuyé par un flocon de laine trempé dans du lait. À ce moment-là, les jeunes gens devaient rire aux éclats, puis courir dans toute la ville de Rome. Ils étaient armés de lanières taillées dans la peau du bouc sacrifié, avec lesquelles ils fouettaient les femmes rencontrées sur leur passage afin de les rendre fécondes.

 

 

Signification du rite :

 

 

les lupercales sont une fête de purification au début de l'année nouvelle qui commençait donc le 1er mars; elle était le passage entre la mort - la grotte, le sang, le sacrifice du bouc, mâle fécond - et la vie avec le rire aux éclats qui symbolise la résurrection.

 

- dans le christianisme : il est bien évident que cette date - la mi février - est un passage symbolique : la descente de l'hiver vers l'équinoxe de printemps est bien marquée avec la résurrection de la nature mais aussi avec Pâques qui marque celle du Christ.

Et il arriva ce qu'il devait arriver : en 494, le pape Gélase 1er, offusqué par la débauche qui accompagnait ces réjouissances, les interdit mais afin de ne pas déclencher des querelles, il les transforme en fête des amoureux. Il garde la date, le 14 février et la dédie au saint du jour, Valentin en décrétant que cette journée lui serait consacrée.

Le rabat-joie a tout de même réalisé le voeu de tous les amoureux du monde : se prouver qu'ils s'aimaient....et de nos jours, celui des commerçants : faire des bénéfices....

Il ne s'agit ni plus ni moins, sans avoir à s'essayer à de grands analyses, qu'à faire disparaître un culte assez grivois par une fête plus austère mais toujours liée à la fécondité.

 

 

- Noël et le culte de Mithra

 

 

Jésus n'est évidemment pas né dans la nuit du 24 au 25 décembre car sinon, il n'aurait pas survécu - selon les conditions de sa naissance - en voyant le jour dans une étable, avec comme seul chauffage UN âne et UN boeuf... L'hiver, il fait très froid la nuit en Galilée...

Il est fort probable qu'il ne soit pas né à Bethléem mais plutôt à Nazareth ou il a vécu toute sa vie au bord du lac de Tibériade, dans une petite vallée ouverte entre les montagnes ou il fait très froid l'hiver surtout la nuit.

"Nazareth était une petite ville, située dans un pli de terrain largement ouvert au sommet du groupe de montagnes qui ferme au nord la plaine d'Esdrelon. La population est maintenant de trois à quatre mille âmes, et elle peut n'avoir pas beaucoup varié. Le froid y est vif en hiver et le climat fort salubre". (1)

 

 


L'an 1 de notre ère.

 

 


Eusèbe de Césarée, historien du 3ème siècle après Jésus-Christ proche de l'empereur Constantin 1er, établit la chronologie des événements politiques qui existaient au moment de cette naissance - à partir des Evangiles, tous écrits un siècle après la mort du Christ et de ses disciples - et selon ses analyses, il est établi depuis l'Antiquité que le Christ est né en l'an 750 avant notre ère. Le moine Denis le Petit au Vème siècle s'est trompé dans ses calculs en la déclarant effective en 753.

L'Eglise a fixé cette date au 25 décembre en 375 parce qu'elle correspond à la période du solstice d'hiver - 21 décembre - aux saturnales romaines - 17 au 24 décembre - avant le début de la nouvelle année le 1er janvier pour faire disparaître tout ce qui attenterait à l'unicité de la religion chrétienne.

 

 


 Quelles fêtes devaient donc disparaître ?

 

 

 

- les Saturnales

A l'époque romaine, les Saturnales étaient célébrées tant à Rome que dans l'empire tout entier du 17 au 24 décembre en l'honneur de Saturne, dieu des semailles et de l'agriculture. Elles symbolisaient la liberté et le monde à l'envers. Ce jour-là, les esclaves devenaient les maîtres et ceux-ci leur obéissaient.

L'essence de cette fête perdura et on la retrouva au Moyen-Age dans « la fête des fous ».

 

 

 

- le culte de Mithra

Né en Perse, le culte de Mithra s'est répandu au 3ème et 4ème siècles avant J.C dans l'empire romain où on le célébrait le 25 décembre. Ce jour-là, on sacrifiait un taureau pour honorer le Sol Invictus – le soleil invaincu - qui était un jeune dieu « solaire » jaillissant d'un rocher ou d'une grotte sous la forme d'un enfant nouveau-né.

 

 

 

- la fête des Sigillaires

La fête des Sigillaires - sceaux ou cachets de terre - se déroulait à la fin des saturnales. Les Romains offraient des cadeaux - en particulier aux enfants - tels des anneaux, des cachets, et des menus objets. Puis un repas ou plutôt un festin réunissait la famille, les amis mais il fallait obligatoirement que les maisons soient décorées de plantes vertes.


Pour jeter aux oubliettes ces pratiques païennes et les supplanter par celles de la religion chrétienne, on fixa le jour ou plutôt la nuit de la naissance du Christ au 24 décembre minuit. La fête religieuse pouvait se dérouler le 25.

Il fut ensuite aisé de trouver celle de son cousin Jean le Baptiste : six mois jour pour jour avant, donc le 24 juin ! Pourquoi donc ? Il faut lire l'évangile de Luc pour trouver la réponse car il est le seul à avoir rapporté la naissance miraculeuse de ....

 

 


Jean le Baptiste

 

 


Il était le fils de Zacharie et d'Elisabeth, la cousine de Marie. Ils étaient tous les deux âgés et elle était stérile, ce qui était très mal vu à l'époque. Membre de la classe sacerdotale, il s'acquittait de ses tâches habituelles dans le temple de Jérusalem lorsqu'un ange lui apparut et lui dit : "Ne crains point, Zacharie, car ta prière a été exaucée. Ta femme Elisabeth t'enfantera un fils et tu lui donneras le nom de Jean. Il sera pour toi un sujet de joie et d'allégresse et plusieurs se réjouiront de sa naissance. Car il sera grand devant le Seigneur." (Evangile de Luc).

Six mois après, le même ange apparaît à une jeune femme qui venait d'épouser un homme plus âgé qu'elle, le charpentier Joseph et lui annonce qu'elle va enfanter d'un fils et qu'elle lui donnera le nom de Jésus. "Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut". Puis :

"Et voici que Elisabeth, ta parente, est elle aussi enceinte d'un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, elle qu'on appelait la stérile, car rien n'est impossible à Dieu". (Luc)

Ils ont donc six mois de différence....

 

 


Jean devint un prêtre prédicateur rural qui prônait le pardon des péchés par le baptême et non par les rites du Temple. Il était solitaire, jeûnait souvent et prêchait partout où il passait. Il est fort probable qu'au départ, son cousin Jésus fut de ses disciples puis les rôles s'inversèrent lorsque le Christ lui demanda le baptême dans le Jourdain et que Jean le présenta comme le Messie que tout le monde attendait.

 

 

Ses prêches enflammés et quelque part moralisateurs déplurent au roi Hérode Antipas qui s'apprêtait à épouser la femme de son frère Philippe décédé, Hérodiade qui était également sa 1/2 nièce, ce que Jean n'acceptait pas. Il le fit arrêter et jeter dans un cachot sans se décider à le tuer. Hérodiade qui voulait être reine, le suppliait mais il ne cédait pas.

 

 

Alors, elle imagina un stratagème en se servant de la beauté de sa fille Salomé. Un soir de festin très arrosé, la jeune fille dansa et rendit le roi (son 1/2 grand oncle par génération et son 1/2 oncle par son père Philippe.... je sais, il faut suivre mais l'inceste, en ces temps-là, était naturel !!!!) - comme tous les autres hommes présents – fous de désir. Il est vrai qu'ils ne devaient pas être très frais… Elle demanda à Hérode la tête de Jean pour l'apporter à sa mère sur un plateau d'argent. Il céda et Hérodiade savoura sa vengeance...

 

 

 

Pourquoi l'Eglise catholique

 

a-t'elle voulu fêter la Nativité de ce saint ?

 

 


Parce qu'il fut le cousin de Jésus, celui qui annonça la venue du Fils de Dieu et parce qu'il baptisa à tout va, condamnant les sacrifices des animaux, créatures divines elles aussi... L'eau est la vie, et tout naît de l'eau. Celui qui est baptisé dans l'eau est invincible... Jean le Baptiste fut considéré comme le nouvel Elie -le prophète précurseur - et occupa une grande place dans la religion chrétienne. On le retrouve en bonne place également dans l'islam. Voilà pourquoi l'Eglise le choisit pour figurer au panthéon des saints et lui offrit l'insigne honneur d'être le seul d'entre eux à être honoré le jour anniversaire « de sa naissance » à l'égal de son cousin Jésus.

 

 


Jusqu'à l'obligation d'appliquer le calendrier grégorien au 18-19ème siècle et suivant la coutume ancestrale, le solstice était fêté le 8 juin dans un seul but (inavoué mais jugé obligatoire) : favoriser la reproduction ! Mais, le 24 juin suivant, pour répondre aux désiderata de l'Eglise catholique, on célébrait certes plus sagement - c'était déjà fait alors pourquoi le refaire : la plupart des jeunes femmes en âge d'enfanter étaient susceptibles d'être déjà enceintes - la nativité de Jean : messe, repas, feux de bois le soir depuis le tchar...

 

 


Au 19ème siècle, l'Eglise interdit formellement les réunions impies du solstice et l'on brûla désormais le brandon le jour de la saint Jean c'est-à-dire dans la nuit du 23 au 24 juin mais dans un endroit dédié (le tchar) - il n'était pas question de le planter ailleurs - face à Est, face à ce point du ciel où le soleil aller se lever quelques heures plus tard mettant fin à une longue nuit de réjouissances.... où plein de bébés prenaient déjà leur route...!

 

 

C'est pour cela que l'on trouve un grand nombre de naissances autour du 16 mars. Pourquoi ? Parce qu'une femme en bonne santé, jeune ou moins jeune qui tombait enceinte ce soir-là, accouchait donc juste au moment où le printemps pointait son nez, lorsqu'il faisait moins froid et que sa présence n'était pas obligatoire dans les champs.

 

 

La gestation d'une femme en bonne santé dont la grossesse se déroule sans problème est de 266 jours à partir de la fécondation ou bien 280 jours à partir des dernières menstruations.

L'enfant peut naître un jour ou deux avant ou bien un jour ou deux après mais le terme échu est de 266 jours pour la grande majorité des parturientes.

 

 

Donc, toutes les personnes qui sont nées un 16 mars ont été conçues le 23 juin de l'année précédente : ce soir-là, après la messe du matin, le repas, les vêpres de l'après-midi, le repas du soir plus léger, la procession chandelles à la main pour les garçons et bouquets de lis pour les filles - dans lequel nous plongions notre visage pour que le pollen nous barbouille le nez - vers le brandon dressé par le couple de l'année s'il y en avait, la bénédiction et les cantiques, la soirée devenait follement festive.

 

 

Petite fille, j'étais déjà curieuse "comme un pot de chambre" : expression populaire adoptée pleinement par ma mère qui me reprochait gentiment ce soi disant défaut devant les religieuses, bien sûr ! Pour apaiser leur courroux …

Car ces dames ne pouvaient supporter mes questions en rafale sur ce que j'avais vu ou entendu... "On n'écoute pas les conversations des adultes et on ne passe pas son temps à fureter du regard partout ! Cela ne se fait pas, c'est un péché ".

Tu parles ! Causes toujours ma soeur, tu m'intéresses...

 


Il n'y a rien de plus amusant que de connaître ce qui est défendu, n'est-ce-pas et croyez-moi, j'en ai profité au maximum et je continue d'ailleurs... avec un plaisir évident. Non mais hein bon ! Non, non, la curiosité et la gourmandise ne sont pas des péchés, elles sont tout simplement... un régal ! La perfection est illusoire et elle ne m'intéresse surtout pas : c'est d'un ennui mortel de TOUT faire bien...

 

 

Les soirs de la Saint-Jean, je regardais, très intéressée, en même temps le brandon en flammes et les jeunes couples qui s'esquivaient dans l'ombre complice de la nuit... Mais bon, comme je ne savais pas ce qu'ils allaient faire, est-ce que c'était vraiment un péché ?

 

 

D'après vous ? Je suis certaine que vous avez tous fait pareil...

 


Lorsque les flammes s'élevaient vers le ciel, les cris de joie montaient, alors les chants profanes s'envolaient dans l'air léger de la nuit sous les étoiles, le brandon s'écroulait et les jeunes en profitaient pour sauter par-dessus et ils se brûlaient... bien sûr. Tandis que d'autres, enivrés par l'ombre parfumée, le bon vin du repas, la joie, les chants et les danses, s'éclipsaient un moment pour que le rite de l'amour s'accomplisse. Puis ils revenaient prendre part aux réjouissances et la nuit, ensuite, promettait d'être courte... de retour à la maison pour les couples mariés...

Il n'y avait pas de ripailles... seulement de la joie à partager !

 

 

Alors donc vous qui êtes nés le 16 mars mais le 14, le 15 aussi et le 17 également jusqu'aux années 60, soyez bien sûrs que vous avez été conçus par amour... du solstice ? du saint ? Bien sûr mais pas que, il y a eu aussi beaucoup, beaucoup de sentiment.. lors de cette nuit joyeuse, dans les coins sombres derrière le brandon.... Tout était propice à l'amour vrai....

Demandez à vos parents....

 

 

Brandon ou feux de la Saint-Jean ?

 


Cette fête ne devrait plus être désignée comme celle des feux de la Saint-Jean car elle n' a plus la même signification depuis plusieurs décennies dans à peu près toutes les communes de petite importance (la majorité). Elle se déroule toujours un samedi à des dates incertaines - parfois même en juillet : une hérésie ! - on brûle un tronc qui a été fendu à l'avance, avant ou après un repas précédé d'apéro, ensuite on danse mais comme si c'était un bal normal de fête de village, en général sur la place, ce qui n'a aucun sens...

 

 

Il n'y a plus cette féerie, cette ferveur, cette joie d'aller vers la lumière, vers un monde fécond sans exclusion ni discrimination, il n'y a plus ce besoin d'aimer dans tous les sens du mot.

 

 

Non il n'y a plus que l'occasion répétée toute l'année d'un repas dansant autour d'un feu de bois sur une place de village...et dont on se sert parfois des braises pour cuire des grillades !

 

 

Et oui, la tradition du tchar est perdue, oubliée elle aussi. On vous dira que c'est pour des raisons pratiques : s'il y a un incendie, les pompiers vont arriver plus vite idem si quelqu'un a un malaise, il y a le parking à côté alors on n'a pas besoin d'arriver à pieds, ensuite on va bien boire et bien bouffer et on va danser...

 

 

Voilà, le monde change, les traditions aussi...

 

 

Jackie Mansas

21 février 2017

 


Le tchar était le lieu où l'on devait obligatoirement brûler le brandon. Le terrain devait se situer face à l'est donc, dans notre région, face au pic du Gar qui est pile l'endroit où se lève le soleil du mois de juin jusqu'en fin juillet. A Bertren, il se situait place du Pujoulet à la sortie du village ancien, dite aussi place des Gitans face au chemin du Badet appelé depuis 1989, chemin du Pountet, malheureusement hélas... * Cette voie qui menait jusqu'au 15ème siècle au gué sur la Garonne qui coulait de la voie ferrée jusqu'à la limite des parcelles bordant la piste cyclable. Le gué se trouvait au niveau de la cabane en béton en contrebas de la voie ferrée.

Cette place du Pujoulet existe toujours, la piste de Siris et l'ancien chemin communal de Siris partent de cet endroit.

 

 

Le brandon a été inscrit au patrimoine immatériel de l'UNESCO mais je n'ai pas compris ce que c'était :

- est-ce que c'est la fête de la St-Jean ? mais elle n'existe plus sous sa forme réelle depuis les années 1960, elle n'est plus ni païenne ni religieuse, simplement commerciale et surtout folklorique, ce qui est une bonne chose pour le bonheur de passer une bonne soirée et pour le commerce. Même s'il y a bénédiction, elle n'est plus du tout religieuse - elle ne se déroule plus le 24 juin jour de la fête du saint - elle n'est plus la fête de la procréation et du soleil (solstice) elle est l'occasion de passer une magnifique soirée folklorique sous les étoiles en regardant brûler un tronc d'arbre savamment coupé !

 

 

Vous me direz Noël aussi est une fête commerciale, d'accord mais bon, les enfants ce jour-là sont si heureux que le Père Noël ait pensé à eux... et figurez-vous que c'est quand même un rappel magique de la fête des Sigillaires !

- est-ce que c'est uniquement ce que l'on appelle maintenant "le brandon " à savoir le tronc d'arbre préparé savamment pour être brûlé sur une place ? et non plus sur le tchar, cet endroit dédié à la Lumière ?

Il est vrai que la technique de la préparation de ce tronc d'arbre est unique et savante et en cela elle mérite ce grand honneur mais si c'est pour la fête en elle-même, je ne comprends pas… On ne peut qualifier de fête de la lumière, tout au moins en France - peut-être que c'est différent en Espagne et en Andorre pays plus respectueux des traditions - le fait de brûler un tronc d'arbre au milieu d'une place que l'on ne peut approcher, vu que tout le monde est tassé derrière des barrières ! Ce n'est pas cela fêter le soleil, le solstice, la naissance du baptiste ! Il est plus juste de l'appeler « la fête du brandon ». D'ailleurs, l'expression est passée dans le langage courant. Et bien sûr, la fête des brandons est toujours magique....

 


1 - http://www.lexilogos.com/document/renan/vie_jesus

 

*  il y a des changements qui posent question sur le respect du patrimoine ancien, en effet, encore dans ce village voici les changements que la population ancienne a appris bien plus tard la décision prise avec beaucoup de révolte et tristesse :

- l'antique chemin datant de la préhistoire portant le beau nom de l'Agaou est devenu rue de Suberbielle alors que le quartier ancien portant ce nom se situe au niveau de la route départementale, il veut dire "au-dessus du village, bielle étant la déformation de bédiaou, l'espace public (village) à l'intérieur des murailles protégeant le castet...

- le chemin de Campénard est devenu impasse de la Hierle... comprendre pourquoi est assez difficile alors qu'il n'était qu'une partie du chemin de l'Agaou...

- le Vignaou est devenu le Vignau, là c'est francisé d'accord

- le quartier du Cascaret - là où se trouve l'hospice, la barrière SNCF- après le Sacré-Cœur est devenu chemin du Mathet alors que celui-ci se trouve réellement à partir du carrefour du lavoir....

- la place devant l'église se nommait les Quatre-Chemins, je me demande si le nom n'a pas disparu, on ne le voit cité nulle part

- le chemin du Bédiaou est devenu rue de l'Eglise...

 

Tout cela arrive lorsque les municipalités élues sont dominées entièrement par des personnes venues d'ailleurs, qui ne s''intéressent absolument pas à l'histoire de leur nouvelle commune et qui agissent sans concertation. C'est dommage. Comment ensuite concilier Anciens et Nouveaux ? Vraiment dommage car déception, colère et tristesse ne s'effacent jamais.

 

Saint-Elie le prophète ; Salomé et la tête du baptiste ; (wikipédia)
Saint-Elie le prophète ; Salomé et la tête du baptiste ; (wikipédia)

Saint-Elie le prophète ; Salomé et la tête du baptiste ; (wikipédia)

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