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Les caps bourrut des Pyrénées

Les caps bourrut des Pyrénées

Actualités d'hier et d'aujourd'hui sur les Pyrénées Centrales, au travers de l'histoire d'une famille, celle d'un "pays", celui des Pyrénées. Le passé est omniprésent avec celui d'un petit peuple : la Barousse...


La Revue de Comminges : tome 2 de 2016 paru en février 2017

Publié par Jackie Mansas sur 8 Mars 2017, 09:51am

Catégories : #Culture et société pyénéennes

La Revue de Comminges : tome 2 de 2016 paru en février 2017

Bien évidemment, une fois de plus, un bijou de savoir,

de diversité et de mémoire...

 

Le tome  CXXXII - n°2 - 2016  de la revue de Comminges publié en fin février 2017, déborde de beaux écrits sur notre histoire régionale. On y retrouve l'érudition pure des historiens et la transmission de notre mémoire de ce 20ème siècle très, trop riche en événements qui ont semé l'effroi...

 

Si vous voulez bien me suivre dans la lecture de ce gros ouvrage, vous allez découvrir un monde ancien très vivant !

 

Ce numéro dont la couverture est vraiment réussie - peinture sur toile de René Gaston-Lacorre (1913-2014) - propose plusieurs dossiers riches en documents sur un lieu prestigieux de notre région : L'Isle-en-Dodon.

René Souriac commence ce voyage littéraire avec les monographies d'instituteurs de 1885-86. Comme toujours ces travaux sont riches en enseignement sur la fin du 19ème siècle mais l'auteur en explique les limites :

"Nous sommes parfois saturés aujourd'hui des propos consacrés aux finalités de l'enseignement, tellement la question posée paraît aiguë, ambiguë et difficile... de quelles finalités s'agit-il en effet ? Les fondateurs de notre école primaire au XIXème siècle s'étaient certainement interrogés eux aussi, et ils ont défini des objectifs précis de formation, simples et compréhensibles, au moins selon les apparences : d'abord la maîtrise de l'écrit par tous les Français car on pensait cet apprentissage universellement civilisateur - Guizot et Ferry sont d'accord sur ce point : lire, écrire et compter pour affranchir les populations des routines ancestrales. Au-delà de cette ambition fondamentale, il y eut sous la IIIème République naissante et pour la consolider, la volonté de forger la Nation sur fondement de l'enseignement de l'histoire et de la géographie dont il est clairement question dans les propos de l'inspecteur."

René Souriac explique le rôle de l'historien tant décrié par ceux qui voudraient supprimer l'enseignement de l'Histoire ou bien le diriger habilement : " Mais le regard de l'historien n'est pas celui d'un jugement, il est celui de l'observation et d'une tentative de compréhension des situations à partir des sources dont il dispose."

Bien évidemment, il applique au travail remarquable des instituteurs cette réalité.

Il revient sur cette ville avec l'étude de ses archives du XVIIIème siècle.

Soixante sept pages plus loin ce premier article, nous restons toujours sur L'Isle-en-Dodon mais avec Howard Bradley qui part à la découverte d'un évêque visitant en 1665, cette ville. Il s'agit de Gilbert de Choiseul du Plessis-Pralin, réformateur dans l'âme. Le commentaire entrecoupé d'extraits des procès-verbaux du prélat, nous fait découvrir la vie religieuse de cette fin de siècle.

 

Jean-Luc Laffont se joint à eux pour nous parler de "L'ordre quotidien à la veille de la révolution à l'Isle en Dodon". Il se penche sur les archives de police de la ville. Mais aussi n'hésite pas à fouiller dans les monographies.

Et enfin, pour terminer le voyage dans le temps de cette cité très ancienne, nous sautons les siècles en compagnie de Christian Piques qui nous raconte un crime de guerre perpétré par les SS de la Deuxième Division Das Reich le 16 août 1944.

Ces barbares ont, durant l'été 1944, ravagé notre région sans états d'âme, tout au long de leur progression vers les côtes normandes. Jamais ils n'ont reculé devant une atrocité. 

Ecrit d'un style alerte et narratif à la fois, ce dossier nous ramène 72 ans en arrière alors que la population pyrénéenne et du piémont vivait dans la peur des exactions et pourtant comme nous le rappelle l'auteur, les tâches du quotidien étaient effectuées parce qu'il le fallait continuer de vivre... normalement pour ne pas leur donner raison !

A lire attentivement car ce témoignage d'un crime de guerre, parmi tant d'autres, cette armée étant coutumière du fait, doit être connu... 

 

Shota Fujihara se penche sur le Conseil Général du 65, sous Napoléon et Jean-Marc Chaduc sur Eugène et Gustave d'Alaux, journalistes sous le second empire.

 

Et pour finir, les Chroniques habituelles sont riches

d'enseignement sur le Comminges.

 

J'ai lu attentivement celle de Christine Lalanne - Belair sur "Marguerite de Comminges et la fin de son comté". Quand j'ai commencé la lecture, j'ai eu un peu peur car elle raconte, pour introduire son article, la légende du château de Bramevaque mais aucun souci, elle ne mentionne même pas l'appellation erronée de la forteresse "Château des Comtes de Comminges" affichée sur les panneaux dans le village.

Rappelons que cette énorme erreur historique a été décidée sciemment par les politiques afin d'attirer des touristes en Barousse (1) au début de l'année 1993... je ne suis pas prête d'oublier cette réunion à Mauléon-Barousse - où je me suis fait insulter copieusement par justement les initiateurs de cette contre publicité - car bien évidemment, vous vous en doutez, j'étais contre et j'ai osé le dire...

Il y a des choses que l'on ne dit pas surtout lorsque l'on est une femme, il faut savoir rester dans sa cuisine n'est-ce-pas....

 

La Barousse n'a jamais appartenu au comté de Comminges tout simplement parce qu'après la mort de Charlemagne qui avait créé les marches aux frontières pour les protéger - celle de Comminges couvrait le territoire allant du Couserans aux vallées d'Aure jusqu'au Plateau de Lannemezan - la "profession" de comte nommé par l'empereur, devint un titre de noblesse héréditaire et que, parce que ces marches désormais seigneuries furent morcelées par jeu des partages, la Barousse, très peu peuplée, sans ressources et située sur la rive gauche de la Garonne, revint au comté de Bigorre puis au comté d'Aure, puis à la baronnie de Labarthe...

 

Très intéressant article qui se lit comme une épopée biographique. Pauvre Marguerite ! un destin de femme forte exploitée par les hommes mais qui sut garder la tête haute...

Ce tome continue sur la voie de l'érudition accessible ce qui peut intéresser tous ceux qui étaient rebutés par des textes incompréhensibles et qui veulent absolument connaître notre passé. La revue est depuis sa création au 19ème siècle, une oeuvre exceptionnelle par ce qu'elle a apporté à des générations de passionnés d'histoire et de culture régionale. C'est en connaissant notre passé que nous avançons vers notre avenir et celui de ceux qui nous succéderont. 

Je suis super contente de cette évolution et n'hésitez pas, allez à la rencontre des auteurs de la Société des Etudes du Comminges en découvrant, si vous ne la connaissez pas, la Revue de Comminges. Vous ne le regretterez pas.

Librairies du Comminges et des Hautes-Pyrénées.

www.comminges.org

 

Jackie Mansas

7 février 2017

 

1 - ce soir-là, il m' a été répondu que "c'était quand même mieux d'attirer le chaland avec la mention château des comtes du Comminges, car un comte, ça fait bien " (je résume) : quand je pense que cette personne a grimpé assez rapidement les échelons du monde politique mais je ne crois pas que c'est pour sa culture.... "Je n'y connaissais rien" : cela est vrai, je ne connais rien, mais alors rien du tout, au monde politique très éloigné de mes valeurs mais sachez Madame, qu'en histoire, un peu, oui....

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