Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les caps bourrut des Pyrénées

Les caps bourrut des Pyrénées

Actualités d'hier et d'aujourd'hui sur les Pyrénées Centrales, au travers de l'histoire d'une famille, celle d'un "pays", celui des Pyrénées. Le passé est omniprésent avec celui d'un petit peuple : la Barousse...


Connaître son voisin, la vie de son village et des autres : facile avec l'Echo de Neste Barousse

Publié par Jackie Mansas sur 8 Mars 2017, 10:26am

Catégories : #Culture et société pyénéennes

Connaître son voisin, la vie de son village et des autres : facile avec l'Echo de Neste Barousse
Connaître son voisin, la vie de son village et des autres : facile avec l'Echo de Neste Barousse
Connaître son voisin, la vie de son village et des autres : facile avec l'Echo de Neste Barousse
Connaître son voisin, la vie de son village et des autres : facile avec l'Echo de Neste Barousse

Un journal paroissial crée le lien entre les villageois et les villages de la Barousse et de la Neste depuis des décennies, il s'agit de l'Echo de Neste Barousse.

 

Ces vallées autrefois séparées mais plus ou moins complices, sont désormais unies en un grand canton de 382,51 km², 52 communes, 15 469 hab (en 2014). La naissance ne s'est pas faite sans douleur dans un contexte économique et social difficile vu la moyenne d'âge assez élevée de la population, des revenus très souvent et même plus, en dessous du seuil de pauvreté, la rareté des emplois, une agriculture intensive fonctionnant sur un modèle dépassé et à bout de souffle. Les décisions qui ouvriraient ces vallées vers un avenir totalement respectueux de l'environnement et de toutes les composantes de la diversité de la Nature ne sont même pas envisageables car elles dérangeraient l'ordre établi : rien ne doit changer...

C'est comme ça partout dans le monde rural renfermé sur lui-même, c'est le repli sur soi, c'est l'absence de transmission de la Mémoire ancestrale, c'est la disparition de notre histoire qui veut cela ! Et l'absence d'emplois. 

 

Le paysage reprend son aspect ancien, bientôt nous nous retrouverons comme au Moyen-Age un peu modifié bien sûr, mais les arbres seront partout....Forêts profondes, animaux sauvages se glissant sous le couvert... Le rêve mais je n'y serai plus et là, pour le coup, ça m'embête beaucoup !

Le nombre de "paysans", piliers des montagnes, diminue drastiquement et continuera à diminuer, les maisons secondaires sont en vente et il y en aura de plus en plus.

 

Les cloches ne sonnent plus les offices, le glas, le tocsin. Elles sont remplacées par des "machins" électriques que personne n'entend et par des sirènes qui cassent les oreilles mais auxquelles, justement à cause de cela, personne ne fait attention.

Le son de la cloche, lui, était entendu et écouté. Il remuait quelque chose en nous car le chant qui s'élevait venait de quelqu'un de vivant. On le savait, on le sentait....

Il faut dire que "dans la tradition chrétienne, on accorde les cloches sur les cinq premières harmoniques :

1. Le bourdon qui est l’octave basse 

2. Le fondamental à l’octave au-dessus 

3. La tierce mineure du fondamental 

4. La quinte 

5. La nominale qui caractérise la cloche" (1)

Et de ce fait, l'envolée des notes dépendait de l'état d'esprit du sonneur : on le partageait, on le renvoyait...

Les églises sont fermées, elle ne résonnent plus des rires et des sermons, des chants profanes et des cantiques, la Sainte Vierge ne reçoit plus les visites et les bouquets des grands-mères angoissées à l'idée que "le petit" ne réussisse pas à ses examens ...

Les baptêmes sont rares, les mariages tout autant.

Il n'y a plus et depuis très longtemps, les longues processions pour les Rogations, la Fête-Dieu, l'Assomption où nous arrivions tout juste à réprimer des fous-rires (je vous en raconterai un jour), les farces faites au curé par des garçons toujours en quête de bêtises ... Comme celle où, à Bertren, les enfants de choeur réussirent à réveiller des chauve-souris logées sous le toit de la nef dans l'espoir qu'elles se poseraient sur la tête du curé officiant...

Nous avons suivi la messe en ne regardant que les trois d'entre elles qui tournoyaient au-dessus de lui sans qu'il s'en aperçoive... Je pense que les prières de tout le monde ont été récitées mécaniquement et sans aucune conviction, vu que le fou-rire couvait... Surtout au moment de l'Elévation... on vit les chauve-souris s'immobiliser côte à côte comme si elles regardaient le calice : un petit malin osa commenter la scène en sortant : "Ce devait être des rata penada alcooliques... Je me disais aussi qu'elles volaient de travers..." Et oui, des constatations hautement scientifiques.... Un autre ajouta : "Le curé se plaint que son vin disparaît, on sait maintenant qui vide les bouteilles !". Pour savoir s'ils plaisantaient ou s'ils croyaient ce qu'ils disaient....

Je vous assure que c'est vrai !

Les chenapans, quant à eux, les fixaient tentant de les hypnotiser afin qu'elles s'accrochent aux rares, très rares cheveux... 

Comme aurait dit le Sage : "il y a des claques qui se perdent !"... Là, il s'agissait vraiment d'un total manque de respect envers le prêtre et envers les chauve-souris, petits mammifères nocturnes dérangés dans leur sommeil, ce qui était quand même très perturbant pour leur métabolisme !

Bon, il faut bien que jeunesse se passe.

Mais quand même, vu leur âge à présent, au lieu de tenter de faire croire avec un air d'ange qu'ils ont été des saints, vous croyez qu'ils ne pourraient pas reconnaître qu'ils ont été en fait totalement insupportables ?

 

Enfin, à part les moments où leurs bêtises auraient pu être dangereuses, ils étaient plutôt rigolos... Des mecs quoi....

 

Le lien social

 

Mais, malgré cette situation préoccupante, le lien social est toujours tissé par les associations de service à la personne, sportives, de loisirs, qui organisent des rendez-vous dont la presse rend compte toujours très élogieusement, une fois n'est pas coutume...

Les Comités de Fêtes organisent la fête du village dite locale, qui se déroule soit en suivant la tradition, le jour de celle du saint protecteur soit un autre week-end qui convient à ceux qui sont venus s'installer et qui ne sont absolument pas intéressés par l'histoire du village... 

Chaque association offre un ou plusieurs lotos, repas, bals où les gens se retrouvent entre amis et dégustent des recettes locales entre deux danses...

Mais tout n'est pas aussi idyllique que je pourrais le faire croire en écrivant ces mots, les personnes isolées et seules sont nombreuses et rêvent d'autres horizons !

Pourtant, il existe un lien très fort qui réunit ceux qui le savent et qui sont abonnés car ce lien s'appelle "L'Echo de Neste Barousse" : un petit journal bimestriel que l'on attend impatiemment dans la boîte aux lettres...

 

Je vais vous parler du dernier numéro janvier-février 2017 n° 554.

 

Les premières pages sont consacrées depuis toujours aux informations religieuses qui sont intéressantes à juste titre car elles parlent aux lecteurs avec simplicité. Cette fois-ci, un article  "Et si les curés venaient à manquer ? " nous donnent à réfléchir aux solutions... On s'aperçoit que malgré tout, dans le "monde" catholique, les esprits s'ouvrent doucement, petit à petit, vers le monde de demain !

Ensuite, vient la vie des vallées avec les commémorations, les associations, les manifs de printemps, les horaires des messes et .... une recette de cuisine ! 

Et pour finir, les infos sur les villages de la Neste et de la Barousse ! Très intéressant, on en redemande car avec ces comptes-rendus, on se rend compte qu'ils sont encore vivants !

 

Une sorte de renouveau.

 

J'ai été surprise par la somme d'infos données désormais sur la Neste que je ne connaissais pas bien. Apprendre qu'une safranière existait à Nistos m'a ravie... je ne le savais pas ! et pourtant avec internet je me tiens au courant... enfin, j'essaie... Tout est relatif, bien sûr.

Depuis le précédent numéro, des articles sur cette vallée s'étendant de la plaine à la montagne paraissent et ça, voyez-vous, c'est une riche idée car il nous fallait la découvrir un jour où l'autre !

Le safran... la colchique, les couleurs de l'automne et les trois stigmates rouge sang qui s'offrent avec leur parfum,  les senteurs odorantes du Moyen-Orient d'où elle est originaire, on voyage vers la Grèce où elle était sublimée à la table des rois...

Bref, ici dans les Pyrénées un petit peu du soleil de la Méditerranée !

 

Les correspondants (un par paroisse) font tous un excellent travail de recherches des infos, et d'écriture. Parfois, quand ce sont les amis qui réussissent - mais toujours toutes les manifestations sont réussies dans chaque village - le ton est emphatique, les mots employés trahissent la partialité mais ce n'est pas désagréable car on voit que l'amitié existe et que tous marchent sur un même chemin... main dans la main.

Bref, tous les deux mois, un bon moment.

 

Si vous voulez connaître ce journal, il vous suffit de vous y abonner : 17 euros à l'adresse suivante :

Maison Paroissiale, route de Montréjeau, 65370 Loures-Barousse.

Si vous avez des infos à donner sur les villages et/ou la vie des villages, deux numéros à votre disposition:

- pour la Neste : 05 62 99 08 68

- pour la Barousse : 05 62 99 22 42

 

Jackie Mansas

7 mars 2017

 

1 - wikipidia

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents