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Les caps bourrut des Pyrénées

Les caps bourrut des Pyrénées

Actualités d'hier et d'aujourd'hui sur les Pyrénées Centrales, au travers de l'histoire d'une famille, celle d'un "pays", celui des Pyrénées. Le passé est omniprésent avec celui d'un petit peuple : la Barousse...


POPULISME ? … OU ... POPULAIDEUR ? par Serge Scibor

Publié par Serge Scibor sur 26 Avril 2017, 13:58pm

Catégories : #Rêveries et passion... du prof

la colombe de Picasso porte un message...

la colombe de Picasso porte un message...

 

COPEAUX SPATIO-TEMPORELS

 

Il serait une fois une banlieue parisienne … Du temps où des non chômeurs, des travailleurs mouraient de froid, blottis contre les grilles du métro … Ne trouvant pas à se loger … .

 

En ce qui allait devenir le 92, pas celui de Neuilly, se trouvaient des habitations que l'on qualifierait aujourd'hui d'insalubres … Comme ce groupe de quatre appartements avec une cour en laquelle deux W.C. (dont un non praticable) offraient un faux semblant d'hygiène … mais des gens mourraient de froid dans Paris … alors les occupants des lieux n'avaient pas à se plaindre !

 

Les occupants des lieux ? Quatre familles … une d'origine espagnole (des réfugiés ayant fui le franquisme ? Ils ne s'exprimaient pas à ce sujet …discrets … respectueux des autres) … deux autres typiquement, fièrement franchouillardes … la quatrième d'origine polonaise …

 

Durant quelques années il n'y eut pas de heurts notables … Jusqu'au jour où l'un des « bons et vrais » français se mit à provoquer et insulter le sale polack résidant au dessus de chez lui … Alors, lassé des provocations, le polonais bouscula son harceleur … qui porta plainte et obtint des dommages et intérêts … il plastronnait un ou deux jours avant l'échéance en disant « Hé le polack, n'oublie pas ce que tu me dois » … il convient de préciser que ce glorieux personnage, s'affirmant communiste, à l'internationalisme vacillant, n'hésitait pas à frapper à l'huis des curés de la paroisse voisine afin de solliciter leur aide financière … Il s'en alla avec sa famille sous d'autres cieux …

 

Quant à son « alter ego patriotique » et sa moitié … après quelques années de relations pacifiques … les rapports se tendirent … du fait de la perte de l'emploi du « chef de famille tricolore » pour alcoolisme ce qui, pour un chauffeur livreur, s'avère pénalisant ? Du fait de la jalousie pour ce polack travailleur, gagnant relativement bien sa vie en tant qu'ouvrier hautement qualifié ? Pire encore ! Les enfants de « ceux qui mangeaient le pain des français » réussissaient leurs études …

À la décharge des rejetons de l'imbibé d'alcool et de sa distinguée moitié citons des conditions « d'élevage » peu favorables … âgés de deux ou trois ans certains séjournaient, nus, accroupis dans le caniveau de la cour dont ils savouraient l'eau …

 

De la distinguée moitié du buveur chauffeur retenons quelques « saillies » :

Celle où elle invectiva le fils de polonais (depuis naturalisé tricolore) :

« C'est pas une honte ? Voir un fils d'étranger faire des études alors que mes mômes, français, y pourront jamais ! »

 

Il convient de remarquer que l'environnement culturel parental des « mômes » en question s'avérait peu propice à leur réussite scolaire ...

 

* Celle où, un soir de retour du lycée, passant la porte d'entrée dans la cour, l'étudiant franco polonais vit sortir la mégère sur le pas de sa porte, retrousser sa jupe en exhibant de prétendus charmes et se mettre à uriner, debout, en lui adressant :

« T'as vu, le polack ? Ma chatte elle est que pour les français ! »

Qu'il me soit permis … d'édulcorer ! … si j'ose écrire ...

 

Ainsi donc il fut une fois, en région parisienne une famille d'immigrés de l'Est vivant avec un … voisinage peu amène … Ceci durant deux décennies … Le narrateur subit moins cela que sa mère et sa sœur, il lui suffisait de se rendre au lycée (près de quarante heures de cours hebdomadaires … le rythme du technique!) … ou, lors des vacances scolaires, de retrouver les copains dans un troquet sympathique en lequel passer plusieurs heures en ne consommant qu'un café ou un diabolo menthe s'avérait possible … Là, xénophobie et « racisme » ne s'affichaient pas en toile de fond … Exception faite d'un dandy de pacotille à prétention aristocratique affirmant :

« Hitler n'était pas notre ennemi … il ne voulait que nous débarrasser des juifs ! »

Fier de lui, ce déchet humain en éructant cela !

 

Hors les murs banlieusards de mon enfance, l'humanité s'effaçait parfois de même…

 

Lors d'une attente à un guichet S.N.C.F pour acquérir un billet, j'entendis la guichetière, après passage d'une belle dame noire :

« Et pis quoi encore, y lui faut tout à la moricaude ! »

Chez un marchand de primeurs :

« Hé, les portugais, je les connais ! Et j'sais comment traiter ces animaux ! »

Bien des années après la défaite du nazisme et la mise en silence du pétainisme un aphorisme de Brecht restait avertisseur :

 

« Le ventre est toujours fécond d'où est sortie la bête immonde » …

 

Mais afin de « dé-assombrir » ce tableau … précisons que des habitants de notre rue et de la cité voisine se comportaient plus qu'honorablement … que nous nous fréquentions en mêlant nos origines… ah ce cosmopolitisme faisant enrager l'extrême droite (dont, malheureusement certains supporters sont descendants d'immigrés)… quelle lumière humaine !

 

 

Vinrent les années soixante …

 

Passées les trois premières de la décennie secouées par la fin de la « Guerre d'Algérie », les factieux de l'O.A.S., l'horizon s'éclaircit … des chanteurs poètes propageaient des mots humains … Tels Brassens, Brel, Ferré, Bob Dylan …l'ambiance générale était à l'échange … la télévision, même sous la férule gaulliste ne suintait pas la vulgarité, obscénité … même un « humoriste » de l'époque Fernand Raynaud, parfois un brin méprisé par « intelligentsia » commettait des sketches « progressistes » …

 

Durant trente années le rejet des non nés ici ne s'exprima pas ou si peu … Le narrateur, enseignant en lycée technique, n'avait aucune difficulté à discréditer le racisme auprès des élèves et étudiants… au titre qu'il n'y a qu'une seule race … la race humaine …

 

Belle période … superbe vibration humaine …

 

 

\/\/ Et puis nous voici aujourd'hui … la hideur s'affiche … les « on est chez nous » se clament, nous assourdissent … Tout cela sur fond de médiocrité médiatique (pas que les journaux télévisés ou radiophoniques) … et de prétendus humoristes répandent des « blagues » nauséabondes … ou des « animateurs » se vautrent en des émissions immondices …

 

\/\/ Le ventre d'où est sortie la bête immonde n'est-il pas en train de s'arrondir ?

Le lumpenprolétariat devient-il, insidieusement, le LePenprolétariat ?

 

Mais … c'est à nous de réagir ...

 

Serge Scibor

26 avril 2017

 

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