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Les caps bourrut des Pyrénées

Les caps bourrut des Pyrénées

Actualités d'hier et d'aujourd'hui sur les Pyrénées Centrales, au travers de l'histoire d'une famille, celle d'un "pays", celui des Pyrénées. Le passé est omniprésent avec celui d'un petit peuple : la Barousse...


Barbazan et les autres stations de Barousse au XIXème siècle

Publié par Jackie Mansas sur 1 Juin 2017, 20:08pm

Catégories : #Culture et société pyénéennes

Vue générale de Sainte-Marie

Vue générale de Sainte-Marie

Les  autres stations de la contrée avaient connu et résolu en partie les problèmes d'aménagement des lieux autour des établissements thermaux. Depuis 1838, Encausse-les-Thermes dans la Haute-Garonne, bourg de 600 habitants, possédait un établissement avec dix-huit cabines de bains, salle de bal et de jeux et recevait 300 ou 400 malades par an (1). Dans les Hautes-Pyrénées, Sainte-Marie de Barousse avait ses thermes à l'Hôtel Ducail que l'on rejoignait en empruntant "une avenue bordée par une double rangée d'arbres". C'était un vaste bâtiment à deux étages enfermant au rez-de-chaussée vingt cabinets de bains, deux de douches, les cuisines, une vaste salle-à-manger et une pièce où l'on chauffait l'eau? Au premier, une salle de billard et une galerie occupaient l'aile est, et on avait réparti en tout 73 lits. Les propriétaires avaient reçu l'autorisation d'exploitation en 1811 (2), pour les quatre sources.

 

Les deux premières dites "la Grande Source" et "la Source Noire" jaillissaient à l'intérieur et les deux autres à l'extérieur, mais tout contre les murs, à une température de 17 degrés. Les appartements étaient bien distribués et certaines personnes pouvaient faire leur cuisine sur place tout en logeant en ville. Elles trouvaient des chambres à 50 centimes et même moins chères si elles acceptaient de faire leur ménage. Le pays fournissait "un joli pain, du veau excellent, du poisson et du gibier à discrétion".

 

Tout était très bien organisé, les curistes pouvaient sans sortir de la maison après les bains et les douches, remonter dans leurs chambres et s'y reposer. Les prix pratiqués par les propriétaires étaient modiques. Qu'on en juge :

- le bain      : 0, 80 franc

- la douche :  1 franc

- la cure journalière de boisson : 0, 10 franc

Un médecin était tout spécialement attaché à la station. Du côté cuisine, le chef était un expert qui laissait le restaurant ouvert à toute heure de la journée. Une particularité pour Sainte-Marie : l'eau était captée, mise en bouteille et expédiée dans toute la France sur la demande des malades.

 

 

Les thermes de Siradan

Les thermes de Siradan

A un kilomètre de cet Hôtel Ducail, après avoir contourné un abreuvoir à chevaux et un mur à angle aigu, on entrait dans l'établissement thermal de Siradan, contenant seize cabinets de bains et quatre de douches. C'était un édifice assez élégant dont la façade était ornée de colonnes en bois peint. A l'intérieur, après le vestibule, les cabines de bains s'alignaient en enfilade. Elles étaient spacieuses et modernes. Outre la baignoire à deux robinets eau chaude et froide, on y trouvait deux chaises, une table et parfois une commode. "Les chambres étaient meublées, les unes avec propreté, les autres avec élégance" ; il y avait aussi une salle de billard, une bibliothèque et un salon de lecture. A l'extérieur, dans les écuries, des chevaux de course en nombre suffisant, emmenaient chaque jour les curistes en promenade. Comme partout les murs étaient peints en blanc avec de la chaux, et, signe distinctif de richesse et d'élégance, comme toutes les maisons bourgeoises, le toit était recouvert d'ardoises.

 

Dans l'établissement, un jardin agréable et dessiné à l'anglaise s'étendait jusqu'à la lisière des rares bosquets dominant le village. Les trois sources (3)  entretenaient un lac avant d'être captées et sourdaient à proximité du bâtiment en une douche ascendante qui, disait-on, "faisait le plus grand bien". A Siradan, il y avait une boulangerie, une épicerie, une boucherie, toutes d'excellents réputation. Un médecin s'occupait en permanence des malades, tous d'origine modeste, comme dans les autres petites stations. En 1848, entre Sainte-Marie et Siradan, il passait 800 curistes (4).

 

Jackie Mansas

1er juin 2017

 

1 - Docteur Paul Duran - Revue de Comminges

2 - Album des Eaux Minérale 1854

3 - source du Lac sulfatée-calcique-magnésienne et deux autres ferrugineuses : source du Pré et source du Chemin.

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